27 février 2019
Réorganisation du camp de jour à Otterburn Park
Des parents condamnent l’approche et les coûts
Par: Vincent Guilbault
La gestion du camp de jour a été confiée à l’entreprise Gestion Vincent et Limoges.
Photothèque | L’Œil Régional ©

La gestion du camp de jour a été confiée à l’entreprise Gestion Vincent et Limoges. Photothèque | L’Œil Régional ©

Afin de réduire les déficits, les élus d’Otterburn Park ont confié la gestion du camp de jour à la firme spécialisée Gestion Vincent et Limoges. Ce transfert de responsabilité inquiète toutefois certains parents qui appréhendent une diminution de la qualité de service et surtout une hausse des coûts en raison des sorties hebdomadaires.

Selon le maire Denis Parent, le poste budgétaire dédié aux camps de jour a connu d’importants déficits dans les cinq dernières années, et plus spécifiquement dans les deux dernières, avec des déficits d’environ 77 000 $ en 2017 et 105 000 $ en 2019. C’est en partie pour cette raison, affirme le maire, que les élus ont procédé à une restructuration du département des loisirs, en décembre dernier, en supprimant deux postes de directrice et d’adjointe administrative. Les loisirs et la culture sont dorénavant sous la responsabilité d’une coordonnatrice, qui relève de la direction générale.
« En raison des importants dépassements de coûts, nous avons décidé d’aller avec une firme qui ne fait que des camps de jour. Ils ont 350 employés, ils s’occupent des villes de Longueuil, Brossard, Saint-Mathias, et plusieurs villes sur la Rive-Nord. On épargne 75 000 $ avec eux », a expliqué le maire aux parents inquiets, présents lundi dernier lors de la séance publique du conseil municipal.
Père de deux garçons, Daniel St-Pierre doute que cette nouvelle offre de camp de jour soit à la hauteur de l’ancienne, qui fonctionnait bien. « J’ai adoré le camp de jour sous la responsabilité de la Ville et je doute fortement qu’on soit capable de donner la même qualité [de service] avec la privatisation. Pourquoi changer si ça marche? On perd le lien d’appartenance. »
Le conseiller municipal Louis Pelletier a répondu que la compagnie allait seulement s’occuper de la gestion et qu’elle devra rendre des comptes à la Ville et que les jeunes allaient être bien servis.
Le maire Parent s’est aussi voulu rassurant en affirmant que le contrat garantissait une priorité d’embauche aux jeunes d’Otterburn Park pour les postes d’animateur.
Devant des questions concernant le maintien du programme d’aspirants animateurs en place pour former la relève, les parents sont toutefois restés sans garanties. Les élus, dont Jean-Marc Fortin, se sont dits sensibles à la demande de parents d’assurer la pérennité du programme et ont mentionné qu’ils allaient assurer un suivi.

Les parents payeront les sorties
La plus grande déception des parents a été d’apprendre que le montant des sorties allait maintenant être facturé aux parents. Le prix pour un jeune restera quant à lui sensiblement le même, passant de 95 $ à 100 $ par semaine, et le service de garde devrait être un peu moins cher.
Les élus ont toutefois été surpris d’apprendre de parents que les sorties n’étaient pas facturées dans les dernières années. Ce montant de sorties non obligatoires sera maintenant à la charge des parents, ce qui fera bondir indirectement la facture.
« La hausse à 100 $, c’est raisonnable, a dit Stéphane Demers, père d’une fille qui fréquente le camp de jour. Mais ça exclut la sortie d’environ 20 $ à 30 $, sans compter les camps thématiques qui sont plus chers. » Pris par surprise, les élus ont souligné que le coût des sorties ne leur avaient pas été communiqué par le service des loisirs.
Une semaine après la discussion, le maire Denis Parent a souligné qu’il n’était pas possible de revenir en arrière et que les sorties seraient facturées aux parents à partir de maintenant.
Pas question de refaire des déficits ou de refiler la facture à tous les contribuables d’Otterburn Park, dit le maire, qui souligne que le concept d’utilisateur-payeur sera privilégié. « Je comprends que les gens chialent, mais ça n’aurait pas dû être comme ça dans les dernières années. Le coût est maintenant plus réel que ce qu’il aurait dû être et ce n’est pas plus cher qu’ailleurs », a conclut le maire, conscient qu’il pourrait faire face à une certaine résistance.

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