28 octobre 2020
Club de golf Belœil
Des coûts difficiles à estimer
Par: Sarah-Eve Charland

Le débat entourant l’avenir du terrain de golf à Belœil en est un de chiffres. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Les débats sur l’avenir du terrain de golf à Belœil se multiplient et se polarisent. L’Œil Régional s’est donc penché sur la question en répertoriant le prix des transactions de terrains de golf situés dans la grande région métropolitaine de Montréal ainsi qu’en comparant les dépenses d’entretien de parcs municipaux.

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Lors de la soirée d’information du 30 septembre, la Ville de Belœil a présenté des estimations de ce que pourrait coûter l’entretien d’un parc sur l’ensemble du terrain de golf. Elle avait estimé que des coûts d’entretien minimal représenteraient environ 500 000 $ par année. La Ville avait toutefois ajouté que des coûts de 1 M$ par année étaient plus réalistes. Ces chiffres avaient été remis en doute par plusieurs citoyens.

Questionné par L’ŒIL, Belœil a expliqué en arriver à ces estimations en prenant en considération ses budgets d’entretien actuel et les chiffres donnés par le Club de golf, ainsi qu’en comparant avec d’autres villes.

« L’échelle de variation est grande, car les coûts d’entretien varient en fonction de l’aménagement du parc; par exemple les aménagements paysagers, arbres, sentiers, mobilier urbain, poubelles, plateaux sportifs, infrastructures de loisirs, bâtiments, etc. Selon les différents contrats d’entretien que la Ville a présentement, notamment avec Nature-Action Québec, les coûts d’entretien de base projetés, sans plateau sportif ni bâtiment, se situeraient entre 414 000 $ et 518 000 $ », affirme la porte-parole de la Ville de Belœil, Émélie Trinque.

Le Club de golf de Belœil s’étend sur 483 293 mètres carrés. En comparaison, la gestion et l’entretien des parcs Michel-Chartrand et de la Cité à Longueuil ont été donnés en contrat à un organisme indépendant au montant de 841 000 $ en 2018. La superficie totale de ces deux parcs est de 2,8 millions de mètres carrés.
Comparable, le parc Frédéric-Back, situé à Montréal, constitue une ancienne carrière végétalisée. À l’heure actuelle, il couvre une superficie de 390 000 mètres carrés et comprend un stationnement, un pavillon d’accueil et une aire de restauration. Les coûts d’entretien se sont élevés à 523 750 $ en 2018 et à 524 788 $ en 2019.

Difficile de comparer les deux parcs, mais notons qu’à Saint-Hyacinthe, le parc Les Salines occupe une superficie d’environ 105 000 mètres carrés et est boisé sur plus de 60 %. La Ville n’est pas en mesure d’estimer les coûts d’entretien dédiés à ce parc, mais estime que le budget d’entretien et de réparation du chalet uniquement représente 118 700 $.

Des terrains de golf vendus

Au cours des 10 dernières années, l’industrie du golf a connu de nombreuses fermetures. Des golfs notamment à Hemmingford, Sainte-Majorique, Sherbrooke et Shawinigan ont fermé depuis 2010, mais pour les fins de l’exercice et dans un souci de comparaison, L’ŒIL a choisi de se concentrer sur les transactions de terrains de golf dans le Grand Montréal.

Rappelons que le terrain de golf à Belœil est évalué à 5,3 M$, selon le dernier rôle triennal d’immobilisations 2020-2022. Toutefois, le Club de golf Belœil affirme qu’il pourrait vendre son terrain entre 60 M$ et 100 M$. L’ŒIL a comptabilisé les informations touchant cinq terrains de golf ayant fermé leurs portes depuis 2010. Tous ont été vendus au-dessus de 5 M$. Les terrains mentionnés se sont vendus entre 15,60 $ le mètre carré et 42,40 $ le mètre carré.

Près d’ici, les villes de Chambly et de Candiac ont une situation semblable. Elles doivent composer avec des terrains de golf où les activités économiques ont cessé, mais dont les intérêts demeurent privés. Tout comme ici, un dilemme se présente aux citoyens de ces deux municipalités. Alors que le promoteur souhaite changer le zonage pour permettre du développement résidentiel, des citoyens proposent de faire l’acquisition du terrain pour y aménager un parc.

La Ville de Chambly maintient le statu quo afin de réfléchir à l’avenir du terrain. Le lot convoité par les Habitations Trigone est encore la propriété du Club de golf de Chambly. À l’instar de la Ville de Belœil, la Ville de Candiac a aussi lancé un processus de consultation publique au début du mois d’octobre concernant l’avenir du terrain sur son territoire. Le Club de golf de Candiac a arrêté ses activités à la fin 2019. Le terrain a été vendu en septembre la même année à une compagnie à numéro au coût de 14 050 000 $. Ce montant pourrait être majoré de 600 000 $ si le promoteur réussit à changer le zonage avant septembre 2021, selon l’acte notarié. Le terrain est d’une superficie de 522 449 mètres carrés, évaluée par la Municipalité à 3,5 M$.

Exclu du tableau ci-dessous, le Golf Le Boisé, situé à Terrebonne, a fermé ses portes en 2016. La Ville a imposé une réserve foncière qui a été renouvelée en 2019 pour une autre période de deux ans. La réserve foncière se terminera donc l’année prochaine sans possibilité de renouvellement. La Ville souhaitait ainsi évaluer le montant d’indemnité qui serait versé en cas d’expropriation avant d’entamer les démarches d’expropriation. Le zonage du terrain ne permet pas le développement d’un projet résidentiel.

 

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