27 février 2021
Entretien avec la nouvelle directrice de la DPJ de la Montérégie
Dans le doute, mieux vaut signaler, dit Marie-Josée Audette
Par: Denis Bélanger

Marie-Josée Audette

La bienveillance et le souci du bien-être des enfants devraient toujours prévaloir sur l’inaction et la peur de créer un malaise, de l’avis de Marie-Josée Audette, nouvellement arrivée dans ses fonctions de directrice de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Montérégie.

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L’année 2019-2020 a vu une augmentation marquée de signalements à la DPJ de la Montérégie (20,4 %), mais le nombre de signalements retenus a été inférieur à celui de 2018-2019. « Dans le doute, il est toujours préférable de signaler que de ne pas le faire. C’est d’ailleurs la meilleure intention que de signaler, car on démontre que la situation de l’enfant nous préoccupe. Il est important d’avoir ce cercle de bienveillance. Si l’enfant ne peut pas dire lui-même ce qui ne va pas, il faut s’assurer qu’il y ait quelqu’un qui puisse le dire à sa place », souligne Mme Audette.

La DPJ travaille avec de nombreux partenaires pour les différentes situations. Il se peut donc qu’une personne ne cogne pas toujours à la bonne porte, mais ce n’est pas grave, bien au contraire, selon Marie-Josée Audette. « Il faut oser cogner, la personne ou la situation sera redirigée au bon endroit s’il le faut. D’ailleurs, bien des parents qui pourraient voir des situations chez les amis de leurs enfants devraient ne pas hésiter à s’adresser à l’école du coin s’ils sont préoccupés par la situation. »

Sa voie tracée tôt

Marie-Josée Audette est entrée officiellement en fonction le 15 février dernier pour succéder à Josée Morneau, directrice de la DPJ de la Montérégie depuis mai 2017, qui a pris sa retraite. Au cours des 30 dernières années, Mme Audette a occupé́ plusieurs postes dont celui d’intervenante et de conseillère clinique aux Centres jeunesse de la Montérégie. Depuis 2015, elle occupait le poste de directrice adjointe du programme jeunesse services psychosociaux dans la communauté au CISSS de la Montérégie-Est.

« Ça m’allume, le bien-être des enfants. Ils représentent notre avenir. Il faut en prendre soin, car ce sont des êtres immensément vulnérables. La mission de la protection de la jeunesse est extraordinaire, hyper importante et doit être valorisée pour le bon fonctionnement de la société. »

Marie-Josée Audette admet que le travail amène bien des intervenants à rencontrer des situations d’une grande tristesse où la maltraitance et les abus se côtoient. « On trouve la force dans le sens de notre travail. Nous recevons beaucoup de support, nous ne sommes jamais seuls. La DPJ est une grande famille où il y a divers intervenants qui ont chacun un rôle important à remplir. »

La pandémie inquiète

Marie-Josée Audette entre en poste dans une période critique pour l’ensemble des directions provinciales de la protection de la jeunesse du Québec en raison de la pandémie. Le printemps dernier, la DPJ a perdu des milliers d’yeux et d’oreilles sur le terrain puisque les écoles et les services de garde étaient fermés. Ce sont souvent ces milieux qui dépistent des enfants en difficulté. Mme Audette a été soulagée d’apprendre en janvier que le gouvernement de François Legault permettait le retour des élèves à l’école.

« L’école une source de socialisation et un passage important de l’adolescence. Cet épisode peut laisser des traces. Nous pouvons compter sur l’adaptation de nos jeunes pour rebondir, mais il faut être présent pour ceux qui ne peuvent y parvenir. Il faut exercer une vigie en temps de pandémie et nous avons mis des mécanismes en place notamment pour assurer une meilleure communication avec nos partenaires comme les écoles et les services de garde. »

Un documentaire apprécié

Mme Audette a profité de la tribune pour applaudir les réalisateurs de la série documentaire Au Cœur de la DPJ diffusée à Radio-Canada depuis plusieurs semaines. Selon la directrice, cette émission permet au public de mieux comprendre le quotidien des intervenants de la DPJ.

« C’est un monde auquel on a peu accès, car il y a beaucoup d’éléments confidentiels. Je suis contente qu’on ait le courage de faire ce type de travail à l’écran pour montrer les dessous du travail de la DPJ. Ce n’est qu’une petite portion du travail qui est montré, mais ça permet de comprendre ce qui se passe sur le terrain. »

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