11 octobre 2019
Les rois du grill
Cuire la viande avec humour!
Par: Denis Bélanger

Jean-Rock Gélinas et Sébastien Proulx tenant fièrement leurs pièces de viande prêtes à être goûtées! Photos Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Sébastien Proulx assaisonne des côtes levées.

Jean-Rock Gélinas s’attaque au poulet.

Sébastien Proulx, de Belœil, et Jean-Roch Gélinas, de Montréal, se passionnent tellement pour la préparation et la cuisson d’une pièce de viande sur un grill qu’ils ont décidé de se lancer dans les compétitions de BBQ. Un passe-temps qui leur a permis de décrocher quelques prix et même de lancer sur le marché leurs produits.

Dans ce type de compétition, les juges prennent en considération le goût, la tendreté ainsi que l’apparence. Sébastien Proulx et Jean-Roch Gélinas doivent proposer aux juges une bouchée parfaite. « Faut que ça soit goûteux. Tout est amplifié en termes de goût et d’ingrédients. Il faut aussi éviter que la peau s’enlève à la bouchée. Nous avons aussi un temps limité pour remettre nos viandes aux juges », explique Sébastien Proulx.

Les deux hommes apportent en compétition quatre machines, dont une confectionnée par M. Proulx. Parmi les viandes traditionnelles imposées dans ces concours, on retrouve les pilons ou hauts de cuisse de poulet ainsi que les côtes levées. Ces deux items étaient au menu de la Classique Labonté, une des plus importantes compétitions amateurs au pays qui s’est tenue à Drummondville la semaine dernière. La recette et la technique de préparation ont été répétées une trentaine de fois, dont lors de l’entrevue avec L’Œil Régional. « Des fois, il y a une viande mystère. Exemple, à la Classique Labonté, il fallait aussi faire un hamburger », ajoute Sébastien Proulx.

 

Les deux complices font ces compétitions par passion seulement. Oui, leur démarche les a amenés à mettre sur le marché leur propre marque d’épices et de sauces, mais ils occupent chacun un emploi à temps plein. Sébastien Proulx travaille dans le domaine de la construction, tandis que Jean-Roch Gélinas est boucher depuis 20 ans. Une profession qui lui donne une certaine longueur d’avance quand vient le temps de préparer et couper une viande.

Le duo a participé ces deux dernières années à plusieurs compétitions, au niveau amateur ainsi que chez les professionnels. Ils ont remporté des prix ici et là, dont une troisième place à Drummondville pour leur poulet. « On ne le fait pas pour l’argent, on veut rapporter le trophée surtout. Nous n’avons pas encore gagné de premier prix, mais on a déjà eu une deuxième place pour nos côtes levées. L’important est de ne pas terminer dernier. »

Grâce à internet
Sébastien Proulx et Jean-Roch Gélinas se connaissent seulement depuis environ deux ans. Leur première conversation s’est faite en ligne. « C’était sur une page de fumeurs et j’avais mis une photo d’un plat que j’avais préparé. Jean Roch était venu me parler pour me partager une suggestion d’ingrédient », raconte M. Proulx.

Un lien d’amitié s’est forgé par la suite entre les deux amateurs de BBQ qui ont décidé de se lancer dans les compétitions. « Je voulais me lancer là-dedans depuis un certain temps, mais j’étais tout seul, raconte M. Proulx. Mais en étant deux, nous étions plus audacieux. Je voyais des gens mettre des photos des compétitions. Tu fais du BBQ chez vous et tu veux savoir si ce que tu fais est aussi bon que ce qu’ils font. »

Un humour particulier
Le duo se démarque dans les compétitions amateurs et professionnelles en raison de leur humour particulier. D’ailleurs, leur équipe s’appelle Sugar Daddy Bacon et leur image de marque représente deux cochons en pleins ébats sexuels.

« Au départ, nous voulions faire du bacon jerky sucré, qu’on appelle aussi du candy bacon. On s’est demandé comment nous appellerions ça et j’ai dit Sugar Daddy Bacon. Nous sommes partis à rire. Finalement, on a vu que ce n’était pas possible de faire du candy bacon », explique M. Gélinas. « Nous avons gardé le nom, car on trouvait ça drôle », ajoute M. Proulx.

Lors de leurs premières compétitions, le duo trouvait que les autres compétiteurs se prenaient trop au sérieux et ils ont voulu apporter leur touche d’humour. « Nous arrivons et faisons les clowns. Quand les autres se plantent, on va les agacer. Les gens nous trouvaient tannants au début, mais ils ont fini par comprendre notre humour. On fait des vidéos et les gens ont hâte de voir la prochaine », raconte Sébastien Proulx.

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