11 janvier 2018
Cadillac Escalade : l’imposant mastodonte
Par: Marc Bouchard

Photo General Motors du Canada

Je me croyais à l’abri de tous les problèmes. Après tout, je me tenais dans un Cadillac de luxe, confortable, doté de la plupart des nouvelles technologies de sécurité, d’un rouage intégral performant et d’une dimension spectaculaire. Mais dès que la neige est devenue trop abondante, le Cadillac Escalade n’a pas été exactement à la hauteur.

Pas à la hauteur, vous l’aurez compris, est un jeu de mot assez facile, si on tient compte de la taille plus qu’imposante du véhicule. Après tout, le Cadillac Escalade est le plus gros de la famille et, sans aucun doute, celui qui fait tourner le plus les têtes dans cette catégorie, du moins chez General Motors. Non sans raison, faut-il le préciser.
Ainsi, la silhouette même du véhicule a de quoi impressionner. Plus encore quand on est au volant et que l’on tente de se trouver un stationnement dans un centre commercial ou un centre-ville. Inutile de préciser qu’alors, les caméras logées à l’avant et à l’arrière du véhicule sont d’une grande utilité, tout comme les capteurs de distance et l’aide au stationnement.

Petite histoire vécue : mon entrée de cour a la longueur requise pour recevoir trois véhicules, ce qui, en période estivale, n’est pas un gros problème. L’hiver cependant, il faut faire quelques calculs afin de s’assurer que les voitures sont bien serrées les unes contre les autres, la neige occupant une partie de l’espace disponible.
Quand il s’agit de véhicules de taille régulière, ce n’est pas un vrai problème. Fiston ou sa copine peut aisément se glisser derrière les nôtres sans risque de débordement sur le trottoir. Mais quand il faut y insérer un Cadillac Escalade, long de 5,6 mètres et large de plus de 2 mètres, l’opération nécessite quelques ajustements. C’est en utilisant les capteurs de distance du véhicule que j’y suis parvenu le plus aisément. En fait, ils se sont avérés tellement précis que j’ai pu me rapprocher à 4 ou 5 centimètres de la voiture qui me précédait avec l’aide des alarmes intégrées.

Sous le capot

Évidemment, le Cadillac Escalade n’a rien de discret, et sa motorisation ne l’est pas non plus. Son gros moteur V8 de 420 chevaux n’a rien d’économique, mais joue bien son rôle, entraînant la lourde masse du véhicule avec une relative vivacité. Il faut dire que la boîte de vitesse automatique agit avec une précision étonnante.
La déception est cependant parvenue avec le rouage intégral. Que ce soit en mode 4 roues motrices permanent ou en mode automatique, on l’aurait cru en retard sur les réactions du véhicule. J’ai pu tester le gros Escalade lors de chutes de neige d’une certaine abondance tout comme sur des surfaces rendues glacées par des températures polaires, et chaque virage semblait difficile, la voiture tardant à réagir, forçant le conducteur à manier le volant plus que je ne l’aurais voulu.
Mais bien sûr, ce sont là des conditions extrêmes qui ne s’appliquent que rarement. Le reste de la randonnée s’est avéré plutôt agréable, les occupants profitant d’un vaste dégagement, de sièges confortables et même de massages pour les passagers avant.
En matière de sécurité, le Cadillac Escalade jouit aussi de toutes les innovations technologiques de la compagnie, incluant une détection du trafic transversal. Détail intéressant, pour signaler la présence d’une voiture arrivant perpendiculairement, c’est dans le siège du conducteur que se fait ressentir une vibration. Surprenante, les premières fois, la vibration finit par devenir familière et procure une bonne information.
Autre technologie intéressante, le gros Escalade, à l’instar de plusieurs autres produits de la marque, propose désormais une caméra en lieu et place d’un rétroviseur traditionnel (même si on peut activer l’ancienne version). Oubliez donc la vue entravée par les sièges arrière et oubliez même le déblaiement partiel de la lunette arrière; la caméra affiche dans la rétroviseur une image pleine largeur, sans aucune interférence et d’une grande qualité. Il faut s’habituer à la distance, qui semble un peu plus lointaine que la réalité, mais la clarté de l’image compense largement.
Moins intéressante est la présence du système multimédia Cue avec ses boutons difficiles à manipuler, surtout lorsque le froid oblige à porter des gants. Et parlant de froid, il semble que le mécanisme des sièges arrière de troisième rangée, qui se replient électriquement, supporte mal les chutes de températures : il a fallu l’aide d’un jeune commis d’épicerie pour finalement les faire abaisser et profiter du plein espace de chargement
Charmant, stylé, sans nul doute, le Cadillac Escalade a une gueule d’enfer. Dommage cependant que les petits irritants qui l’habitent rendent la randonnée un peu moins agréable que prévu.

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