20 mars 2020
Meurtre de Daphné Huard-Boudreault
Aucune faute commise, conclut la déontologie policière
Par: Denis Bélanger

Daphné Huard-Boudreault. Photo Facebook

Une autre instance gouvernementale vient de blanchir de tout blâme ou faute professionnelle les agents de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent en lien avec le meurtre de Daphné Huard-Boudreault, survenu le 22 mars 2017 à Mont-Saint-Hilaire. Le Commissaire à la déontologie policière a rejeté une plainte logée par le père de la victime, Éric Boudreault. Ce dernier a d’ailleurs tenu à dénoncer publiquement la décision du Commissaire.

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Cette nouvelle survient un an après que le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ait décidé de ne porter aucune accusation criminelle contre les agents impliqués dans l’intervention policière, et plus de dix mois après la condamnation du meurtrier, Anthony Pratte-Lops.

Éric Boudreault, le père de Daphné, avait déposé une plainte le 7 février 2018 auprès du Commissaire. À ce moment, le Bureau des enquêtes indépendantes n’avait même pas encore remis son analyse au DPCP. M. Boudreault visait dans sa plainte cinq policiers, estimant que ces derniers avaient fait défaut de protéger sa fille malgré les différents signes qui auraient dû être détectés de leur part.

Le Commissaire a fait connaître sa décision de rejeter la plainte le 28 février, concluant que les policiers n’avaient pas « fait défaut de se comporter de manière à préserver la confiance et la considération que requiert sa fonction en ne veillant pas à protéger la victime ».

Décision critiquée
C’est par l’entremise d’un communiqué envoyé par l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) qu’Éric Boudreault a partagé sa consternation devant la décision du Commissaire.
« Il était clairement établi et su de tous que l’assassin avait un potentiel de violence et des mécanismes qui auraient dû être en place auraient sauvé la vie de ma fille. Je n’accepterai jamais l’inertie et je demande réparation », a déclaré M. Boudreault.

L’AFPAD s’est aussi indignée du manque d’imputabilité des acteurs judiciaires qui selon elle va « à l’encontre de toute considération et de la confiance que nous devrions avoir en notre système de justice ».

Rappels des faits
Daphné Huard-Boudreault et Anthony Pratte-Lops ont été en couple pendant deux ans. La jeune femme de 18 ans avait quitté l’appartement qu’ils occupaient de la rue Forest de Mont-Saint-Hilaire quelques jours avant le tragique évènement. La preuve présentée l’an dernier en cour criminelle avait démontré que Pratte-Lops avait entrepris une traque de son ex-copine.

Le matin du drame, Daphné Huard-Boudreault avait appelé le 911, car Pratte-Lops refusait de quitter sa voiture à elle stationnée devant le dépanneur où elle travaillait. Quatre policiers se sont présentés sur les lieux, qui ont d’ailleurs tous été visés par la plainte d’Éric Boudreault. Des policiers sont restés jusqu’au départ de l’individu et ils avaient donné des conseils à Mme Huard-Boudreault, dont la recommandation de se faire accompagner pour aller récupérer ses effets personnels à l’appartement. Elle n’a jamais toutefois voulu porter plainte contre le comportement de son ancien ami de cœur.

Daphné Huard-Boudreault s’est rendu compte par la suite que son compte Facebook avait été trafiqué par Pratte-Lops et qu’il lui avait volé son téléphone. Elle s’est rendue sur l’heure du midi au poste de police pour savoir comment récupérer ses mots de passe de Facebook. Encore une fois, elle a refusé de porter plainte officiellement pour vol et harcèlement. Elle a informé de plus la policière qu’elle irait à l’appartement vers 13 h, accompagnée de sa belle-mère. L’agente, également visée dans la plainte rejetée, a insisté pour l’accompagner, même si la principale concernée ne voulait pas la déranger. Daphné Huard-Boudreault a quitté le poste par la porte avant et la policière par la porte arrière. Daphné est arrivée chez elle quelques minutes avant la policière, qui elle est arrivée après le drame.

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