29 juillet 2020
Concert avec un auditeur, un musicien
À l’unisson en tête-à-tête
Par: L'Oeil Régional
Agnès Langlois et Élisabeth Pion considèrent qu’un contact individuel entre deux personnes est encore plus important en temps d’isolement social.
Photo gracieuseté | L’Œil Régional ©

Agnès Langlois et Élisabeth Pion considèrent qu’un contact individuel entre deux personnes est encore plus important en temps d’isolement social. Photo gracieuseté | L’Œil Régional ©

Un texte de Emma Jaquet.

« On veut remettre l’auditeur et son ressentiment au centre de l’expérience musicale », affirme Élisabeth Pion, co-fondatrice du Festival Unisson. Le projet a pour but d’asseoir un auditeur face à un musicien pour des concerts de 15 minutes ayant lieu tout le mois d’août.

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Les rencontres se déroulent en silence dans l’enceinte de l’Église Sacré-Coeur-de-Jésus à McMasterville. L’auditeur ne peut ni parler ni applaudir. Le musicien et le spectateur doivent se regarder, debout, durant une minute avant que le concert commence. « C’est à la fois une rencontre et une confrontation. On manque de ça dans notre société, parce que le monde bouge et on ne prend pas le temps de se regarder. Ce projet, c’est une contre-réaction à notre société », affirme Élisabeth Pion.

Popularisés par l’artiste yougoslave Marina Abramović et repris en Allemagne et aux Pays-Bas, les concerts en tête-à-tête s’apparentent à de courts spectacles durant lesquels un artiste se produit devant un seul auditeur. « C’est comme deux mises à nue. Tu ne sais pas qui tu vas voir et tes sens seront aux aguets », croit la pianiste.

Lenteur et silence
C’est en discutant avec un ami musicien hollandais qu’Élisabeth Pion a eu l’idée de monter un festival de concerts intimes. « Mon ami me disait que ça se faisait des concerts en tête-à-tête. Je me suis dit qu’au Québec, ça ne se faisait pas trop et j’ai voulu du même coup contribuer à la vie culturelle d’ici », explique Élisabeth Pion qui collabore sur le projet avec la violoniste Agnès Langlois.

« Le choix de la cathédrale, ça me parlait. C’est un lieu de recueillement et c’est aussi un mélange d’esthétisme et de goût », pense la jeune femme. Les musiciens, dont certains viennent de la région, sont également présentés au fur et à mesure sur la page Facebook du festival. Le projet a aussi pour objectif d’encourager la relève et de présenter une variété d’instruments dont la clarinette, la corne, le violon ou encore la harpe.

Il est possible de réserver une plage horaire en ligne via la page Facebook du festival. Les concerts auront lieu trois soirs par semaine de 19h30 à 21h30 ainsi que les samedis et les dimanches de 14h à 16h.

Il est encore trop tôt pour savoir si le festival connaîtra une deuxième édition. La jeune violoniste lance l’idée et verra la réponse des gens. « À long terme, c’est trop prématuré pour penser [à un autre festival]. Mais si les concerts à grand déploiement reviennent, ça pourrait rester comme idée. »

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