14 février 2019
Aide médicale à mourir
64 demandes non éligibles en Montérégie-Est
Par: L'Oeil Régional
Le CISSSME enregistre une augmentation du nombre de demandes d’aide médicale à mourir depuis la mise en place du programme en 2015. Photo Freepik.com

Le CISSSME enregistre une augmentation du nombre de demandes d’aide médicale à mourir depuis la mise en place du programme en 2015. Photo Freepik.com

Alors qu’un débat fait rage actuellement pour élargir les critères des lois canadiennes et québécoises encadrant l’aide médicale à mourir, un nombre important de personnes souhaitent en bénéficier dans les services du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME). Malgré une demande croissante, l’organisation enregistre peu de refus depuis sa mise en place en 2015.

Un texte de Julie Lambert

L’adjointe à la direction générale du programme santé physique et de la direction des services professionnels du CISSSME, Marie-Hélène Côté, explique que sept critères doivent présentement être respectés afin de pouvoir bénéficier de l’aide médicale à mourir au Québec. Elle indique que son organisation a un des taux les plus élevés de réalisation de demandes chaque année depuis 2015.
« Nous avons de bons résultats, car nous avons un processus centralisé contrairement à d’autres régions. Si une demande est faite dans une de nos installations, les gens savent où appeler et le font rapidement. On trouve important d’être efficaces puisqu’il ne faut pas avoir un délai trop long afin que la personne soit capable de consentir aux soins. On ne veut pas que son état se dégrade avant de pouvoir la rencontrer et, si on attend dix jours, cela pourrait arriver », mentionne-t-elle.
De 2016 à 2018, le CISSSME a traité 333 demandes d’aide médicale à mourir provenant des établissements sur son territoire, qui comprend les réseaux locaux de soins de Pierre-Boucher, de Richelieu Yamaska et de Pierre-De Saurel. De ce nombre, 64 ont été jugées non éligibles au programme.

Mourir dans la dignité
En ce moment, une équipe composée d’une dizaine de médecins volontaires et d’infirmières s’occupe de réaliser les derniers souhaits des patients dont la demande a été acceptée. Les personnes peuvent choisir l’endroit où elles souhaitent partir et la date.
« Nous tentons le plus possible d’envoyer le premier médecin dans un délai de 24 heures suivant la demande et le deuxième dans une autre délai de 24 heures. Il est évident que si la demande est réalisée en fin de journée un vendredi soir, cela peut être un peu plus long. On n’oblige aucun médecin à faire ce type de traitement et on essaie le plus possible de réaliser les souhaits de la personne », assure-t-elle.
Plusieurs gens présentant des conditions médicales, comme des maladies dégénératives, ont déploré dans les médias dans les dernières semaines un accès trop restreint à l’aide médicale à mourir. Pour le moment, les employés du programme suivent les instructions du gouvernement, soutient Mme Côté.
« C’est le ministère qui décide. Si une révision doit être réalisée, on nous donnera de nouvelles directives. Les gens semblent ne pas connaître l’ensemble des critères et se basent souvent sur celui de la maladie grave et incurable, mais l’aide est bien plus encadrée et il faut plus que ce critère. Il faut répondre à l’ensemble, sinon la demande sera refusée », conclut-elle.

image