26 avril 2018
Voyage au Costa Rica: Une partie des fonds servira pour d’autres activités scolaires
Par: Karine Guillet
Le voyage des élèves a été annulé à la fin janvier après le désistement de deux des trois enseignantes organisatrices pour des raisons personnelles. Photo:Gracieuseté

Le voyage des élèves a été annulé à la fin janvier après le désistement de deux des trois enseignantes organisatrices pour des raisons personnelles. Photo:Gracieuseté

Les élèves impliqués dans le voyage humanitaire au Costa Rica annulé pourront utiliser une partie des sommes amassées à l’occasion de collectes de fonds pour payer des activités extrascolaires. Une partie des fonds amassés lors de campagnes de financement sera aussi versée à un organisme que les élèves auront choisi.

Selon une décision rendue par le conseil d’établissement mercredi dernier, l’école déduira d’abord des frais de 177 $ par élève pour payer les frais des camps de formation et d’annulation du voyage. L’argent amassé lors de campagnes personnelles (comme la vente d’articles divers) pourra être utilisé par l’élève pour payer une partie de ses activités extrascolaires, transféré à un autre enfant de la fratrie pour un voyage futur ou donné par l’élève à un organisme en son nom personnel.
L’argent amassé lors de collectes de fonds collectives (comme l’emballage à l’épicerie ou la vente de cartes de Saint-Valentin), soit un peu plus de 12 000 $, sera pour sa part donné à un organisme à but non lucratif de la région ou du Costa Rica, déterminé par les élèves.
«C’est une décision réfléchie, basée sur plusieurs avis, note la présidente du conseil d’établissement, Isabel Godard. C’est sûr que ça ne peut jamais satisfaire l’ensemble des gens, mais le conseil d’établissement a pris cette décision, d’une part, dans l’intérêt des élèves, d’autre part, en gardant en tête l’intention des donateurs quand ils font le don. C’est ce qui a guidé notre réflexion.»

Une mère déçue
La mère de l’une des ados impliquées dans les collectes de fonds, Julie Bouffard, s’est dite déçue de la décision du conseil. Elle déplore le fait de ne pas avoir été consultée tout au long du processus décisionnel. Selon la mère, les élèves ne disposeront pas de grand temps pour se consulter et décider à qui remettre les dons. Elle estime que sa fille retirera environ 800 $ du processus, qu’elle pourra utiliser pour des activités extrascolaires, mais souligne que comme la fin de l’année approche, il sera difficile de dépenser l’argent avec les activités extrascolaires, croit-elle, alors qu’elle n’a pas d’autre enfant inscrit à Polybel. Mme Bouffard dit d’ailleurs avoir porté plainte au Protecteur de l’élève.
La directrice de l’école, Geneviève Richard, reconnaît pour sa part que les enfants n’ont pas été consultés. «C’est vrai, ça aurait dû être fait. C’est certain que pour la prochaine fois, il est prévu une rencontre où ils seront consultés et encadrés pour que ce soit organisé par l’école.»

Une décision délicate
Rappelons que le voyage à vocation humanitaire qui devait se tenir au début d’avril a dû être annulé à la fin janvier, lorsque deux des enseignantes responsables ont dû se désister pour des raisons personnelles. Après avoir d’abord décidé le 7 février que les sommes amassées lors de collectes de fonds pourraient être utilisées pour payer des activités extrascolaires, conservées pour payer les frais de voyage d’un autre membre de la fratrie ou distribuées à un organisme communautaire au choix de l’élève, le conseil d’établissement est finalement revenu sur sa décision le mois passé, choisissant de donner toutes les sommes à l’organisme en prévention des dépendances Arc-en-ciel.
Mme Richard souligne que c’est la portion collective des activités de financement qui a justifié ce retournement. L’école est d’ailleurs allée chercher des avis juridiques. La directrice de l’école soutient que la première décision avait d’ailleurs mené à des insatisfactions du côté des parents et des élèves. C’est à la suite de ces insatisfactions que la direction avait décidé d’aller chercher des avis externes.
Une décision qui a fait réagir des parents, alors que les élèves dont les parents avaient payé l’entièreté du voyage de leur poche ont récupéré l’argent investi. Les parents déploraient le fait de n’avoir jamais été consultés ni impliqués dans le choix de l’organisme. Ils rageaient également sur le fait que l’école ne leur ait pas proposé d’autres options. Selon la directrice, l’école organisait déjà d’autres activités extrascolaires auxquelles les élèves auraient pu participer, comme le voyage à New York.
L’article 94 de la Loi sur l’éducation stipule par ailleurs que l’argent issu de collectes de fonds sollicitées au nom de la commission scolaire par le conseil d’établissement «doit être affecté à l’école». Il est d’ailleurs interdit de recevoir des dons pour une mission qui serait «incompatible avec la mission de l’école.» La remise à un organisme communautaire, si c’est relié à une activité de l’école et encadrée par celle-ci, est toutefois permise.

image