11 janvier 2017
Voiture de police: plusieurs modifications avant de prendre la route
Par: L'Oeil Régional

REPORTAGE. Avant de patrouiller sur les routes de la région, chaque voiture de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL) doit subir plusieurs modifications afin d’être adaptée aux besoins des policiers.

À l’achat, les voitures viennent avec un «police pack» qui les modifie mécaniquement. Cela comprend notamment des freins surdimensionnés, une batterie supplémentaire et une structure solidifiée. Comme l’explique Benjamin Bousquet, responsable des véhicules à la RIPRSL, l’accent est mis sur la durabilité du véhicule plus que sur l’aspect performance: «La sécurité prime sur la rapidité, la radio étant l’arme numéro 1 des policiers».

Les voitures sont immédiatement expédiées chez PES Canada, une entreprise de Varennes spécialisée dans les produits d’électronique et de signalisation, où sont faits la pose des équipements, le lettrage, le câblage et le réaménagement de la voiture. Cette tâche demande environ 36 heures de travail aux ouvriers.

Ordinateur de bord

Dans la conception et le positionnement des équipements, tout est pensé en fonction de la sécurité et du confort. Le processus pour arriver à cet équilibre peut être assez long et complexe.

«L’aménagement de l’ordinateur de bord est notre conception. Les ergonomes et la CSST (maintenant devenue la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail ou CNESST) sont passés dessus pour s’assurer que l’ordinateur n’interfère pas avec les sacs gonflables», mentionne Philippe Leblanc, directeur technique chez PES Canada.

Puisque le sac gonflable du côté passager est grand, le défi consistait à éviter que l’ordinateur blesse le passager lorsque le sac gonflable explose. Le module actuel peut tourner, mais ne peut pas se pencher. Il ne pourra ainsi jamais éclater et venir blesser un passager.

Pour le clavier, les policiers peuvent l’avancer en fonction de leurs besoins. Une barrure fait en sorte qu’il ne viendra jamais interférer avec le volant. Sur un appel d’urgence, il ne suffit que de le pousser pour qu’il se barre.

Banquette arrière

À la réception du véhicule, toute la garniture d’origine est retirée. Un banc en plastique moulé remplace le banc d’origine. Il en résulte un peu plus de dégagement pour les jambes des détenus. Ce gain est appréciable dans la mesure où les véhicules ont rapetissé.

«Un Crown Victoria, c’était plus long et plus large. Les nouveaux véhicules ont plus de protection pour les impacts latéraux, c’est pour ça que la ceinture de caisse est haute et que les portes sont épaisses», ajoute-t-il.

Auparavant, des banquettes en cuir standard étaient utilisées. Elles avaient comme inconvénient de permettre aux détenus de cacher des objets et elles étaient difficiles à nettoyer en cas de contamination. Les bancs de plastique moulé sont beaucoup plus simples à entretenir, en plus de permettre un gain d’espace.

Lumières

Chaque voiture de police est composée de plusieurs lumières. Chacune d’entre elles a une fonction spécifique à jouer. «Les premières lumières du véhicule que les automobilistes vont voir au loin, ce sont les hautes du véhicule qui clignotent en alternance. Peu importe le nombre de milliers de dollars investis sur une voiture, c’est le module de 50$ faisant clignoter les lumières qui sera vu en premier», indique Philippe Leblanc.

Les lumières sont placées stratégiquement un peu partout sur la voiture et se complémentent entre elles. Par exemple, les lumières sur le coffre permettent d’avoir un éclairage même si la porte est ouverte, obstruant les gyrophares. Quant à elles, les lumières sur le pare-chocs poussoir (push bumper) permettent de mettre une lumière dans l’intersection avant le véhicule, ce qui permet d’avoir une visibilité périphérique dans l’intersection.

Avec une flotte de 84 voitures à la RIPRSL, il y a un roulement constant de voitures. Selon le responsable des véhicules, Benjamin Bousquet, de dix à douze véhicules sont remplacés en moyenne annuellement. La RIPRSL peut alors vendre certaines pièces des anciens véhicules ou enlever l’équipement en vue de les vendre sur un site d’encan gouvernemental.

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