25 août 2021
Vingt-cinq années de rencontres inspirantes au Cercle littéraire Françoise-Loranger
Par: Olivier Dénommée
Le président du Cercle littéraire Françoise-Loranger, Marcel Poirier, garde de précieux souvenirs des meilleurs moments des 24 premières années du Cercle littéraire. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©�

Le président du Cercle littéraire Françoise-Loranger, Marcel Poirier, garde de précieux souvenirs des meilleurs moments des 24 premières années du Cercle littéraire. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Le Cercle littéraire de Mont-Saint-Hilaire, aujourd’hui connu sous le nom du Cercle littéraire Françoise-Loranger, a vu le jour en 1996 et est rapidement devenu un incontournable pour les amoureux de littérature de la région. Son président Marcel Poirier se souvient des grands moments de cet organisme.

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Depuis ses débuts, le Cercle littéraire organise annuellement dix rencontres avec des auteurs, ce qui a permis de découvrir plus de 240 auteurs et d’interagir avec eux. « La formule est souvent la même : le conférencier invité peut parler d’un ou de plusieurs de ses livres ou de sa démarche créatrice. Le tout est suivi d’une période de questions du public », résume M. Poirier.

Cela a donné lieu à de « très belles soirées » avec des auteurs volubiles et généreux, mais aussi à des soirées plus difficiles où le public a fait face à des personnes très gênées. On retient surtout les passages mémorables comme ceux de Guillaume Vigneault (fils de Gilles Vigneault), de François Avard, de Patrick Senécal, de Kim Thúy ou encore de Dany Laferrière pour n’en nommer que quelques-uns. « En 25 ans, il n’y a que trois auteurs qu’on a reçus deux fois! On ratisse large et on a aussi reçu des gens de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick », souligne Marcel Poirier.

Des anecdotes
M. Poirier ne compte plus le nombre d’anecdotes entourant la présence des auteurs invités au Cercle littéraire au fil des années. « On recevait en février 2010 Sylvie Lussier et Pierre Poirier, qui ont notamment écrit L’auberge du chien noir. Pierre m’a pris à part et m’a appris que le père de Sylvie était décédé le matin même, mais m’a demandé de ne pas en parler. Ce sont de vrais professionnels et personnen’a jamais su ce qu’il venait d’arriver », raconte-t-il.

Il se souvient aussi du passage d’Anaïs Barbeau-Lavalette, qui a finalement accepté de parler au Cercle littéraire en septembre 2017… après quatre années de tentatives infructueuses. « Elle trouvait que j’avais la tête dure », lance le président en riant. M. Poirier mentionne aussi les conférenciers qui ont attiré un large public, comme Michel Chartrand en février 2001 et, plus récemment, Mathieu Bock-Côté en mars 2018. « Il ne restait plus de place dans la bibliothèque de Mont-Saint-Hilaire, on devait être 140 sur place! »

Mais la conférence préférée de Marcel Poirier est possiblement celle de Gil Courtemanche. « La soirée commençait presque comme un désastre. C’est un homme d’une intelligence profonde et je buvais ses paroles comme du bon vin, mais à la pause, j’ai eu peur que tout ce qu’il avait dit soit passé complètement par-dessus la tête du reste de l’assistance et je me demandais comment ça se passerait pour la suite des choses… Je me suis complètement trompé parce que le public a posé des questions brillantes menant à d’excellentes réponses de l’auteur. »

Regard sur l’avenir
Fort de ses 25 années d’existence, le Cercle littéraire jouit d’une très bonne réputation auprès des auteurs qui font face à un public souvent curieux et allumé. « Une quarantaine de personnes se déplace chaque mois pour rencontrer les auteurs. Je sais que les auteurs se parlent entre eux et je leur dis “soyez contagieux” pour parler de leur expérience chez nous », soutient M. Poirier. Il se dit optimiste pour l’avenir de l’organisme, tant qu’il y aura des gens pour prendre la relève. Ce passionné de 80 ans assure toutefois qu’il a encore l’intention de consacrer quelques bonnes années au Cercle littéraire.

Il espère aussi continuer d’être à l’avant-garde en invitant des artistes qui traitent de sujets qui marquent l’actualité. « Ces dernières années, j’ai voulu donner une place importante pour des auteurs issus des Premières Nations… et avec tout ce qui se révèle sur les pensionnats, je crois qu’il y aura bientôt d’autres écrits sur la question », commente M. Poirier.

Pour le moment, le Cercle littéraire Françoise-Loranger dédie entièrement sa saison 2021-2022 aux femmes (voir autre texte) alors que l’on bat un triste record de féminicides au Québec cette année.

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