5 décembre 2016
Une victoire significative
Par: Denis Bélanger
Stéphane en compagnie de sa fille, qui est également la sœur Carl Gourgue-Perreault.

Stéphane en compagnie de sa fille, qui est également la sœur Carl Gourgue-Perreault.

La plus récente conquête de la Coupe Vanier du Rouge & Or de l’Université Laval avait un cachet bien particulier pour un ancien porte-couleur, Carl Gourgue-Perreault de Mont-Saint-Hilaire, qui a été de l’édition championne de 2006.

Jouant habituellement à la défense, le jeune footballeur n’avait pas joué la partie. Non, il n’avait pas été laissé sur les lignes de côté. Il était à la Maison Victor-Gadbois au chevet de son beau-père Stéphane. Les deux avaient regardé Laval vaincre les représentants de l’Université de la Saskatchewan par la marque de 13 à 8.

Le match avait eu lieu le samedi et le défilé des champions se tenait le lundi. Stéphane avait insisté pour que Carl assiste à cet événement. «Il voulait que je vive ça. Au souper d’équipe, on m’a appelé pour me dire qu’il ne lui restait plus grand temps. J’ai quitté et j’ai pris la route pour Saint-Mathieu-de-Beloeil pour aller rejoindre ma mère et ma sœur. Quand je suis arrivé à Victor-Gadbois, il venait de partir», raconte un Carl Gourgue-Perreault émotif.  Son beau-père est décédé le 28 novembre 2006.

La providence aura voulu que 10 ans plus tard, le Rouge et Or confirme à nouveau sa suprématie au football universitaire canadien. Son précédent sacre remontait à 2013. Carl Gourgue-Perreault a évidemment écouté la partie et a eu une pensée pour son beau-père qu’il aurait bien présenté à sa copine actuelle et ses deux jeunes enfants. C’est lui-même qui a insisté pour se confier à l’auteur de ses lignes pour rendre hommage à son beau-père et faire plaisir à sa mère et sa sœur.  

Des chemins qui se croisent  
J’ai entendu parler de Carl Gourgue-Perreault pour la première en 2006 alors que j’étais à l’Oeil Régional. Je ne m’occupais toutefois pas des sports, c’était un autre collègue. Il m’avait parlé de ce joueur de football brièvement et je savais qu’il avait gagné la Coupe Vanier avec le Rouge et Or.

Mais je n’ai appris son histoire émouvante que plusieurs années après, à Longueuil. Le jeune homme, alors devenu mature, avait décidé d’essayer de gagner sa vie dans le monde des médias. Il a atterri un jour dans la salle du Courrier du Sud et j’ai eu la chance de l’avoir comme photographe le soir où Adonis Stevenson est devenu champion du monde en 76 secondes.

Le plus drôle c’est une connaissance commune qui m’a d’abord raconté qu’il n’avait pas participé au match de la Coupe Vanier. «Attends qu’il t’en parle de cette situation», m’avait dit cet autre collègue. Carl avait effleuré le sujet à quelques occasions par la suite, mais n’était pas rentré autant dans les détails comme il l’a fait il y a quelques jours. Il mérite qu’on lui lève notre chapeau, car il n’est pas toujours facile de s’ouvrir publiquement sur un sujet aussi sensible que celui-ci.
 

image