4 avril 2019
Défi débranche le fil
Une semaine pour évaluer notre rapport aux écrans
Par: Vincent Guilbault
Éliane Brockelmaier, Nathalie Duhamel et Frédérick Fortier, de l’organisme L’Arc-en-ciel
Photo Vincent Guilbault | L’Œil Régional ©

Éliane Brockelmaier, Nathalie Duhamel et Frédérick Fortier, de l’organisme L’Arc-en-ciel Photo Vincent Guilbault | L’Œil Régional ©

Il y a trois ans, l’organisme en prévention des dépendances L’Arc-en-ciel proposait aux participants du défi de la Semaine sans écran de se débrancher complètement. Trois ans plus tard, l’organisme modifie quelque peu sa formule en invitant les familles de la région à méditer sur leur utilisation des écrans.

Du 8 au 14 avril, les familles qui s’inscrivent au « Défi débranche le fil » s’engagent à diminuer leur temps d’écran. « L’idée n’est pas de diaboliser les écrans, insiste Frédérick Fortier, directeur de l’organisme. L’écran peut être rassembleur, il n’est pas obligé de diviser. On peut profiter du défi pour parler des écrans avec nos jeunes, pour comprendre ce qu’ils font. »
Pour s’aider dans leur défi, les familles peuvent se référer au site web de l’organisme pour obtenir de l’information, des outils et des propositions d’activités pour remplacer l’écran pendant une semaine.
« Nous sommes plus nuancés qu’à l’époque de la Semaine sans écran. Sans écran, c’est un peu irréaliste, on ne se battra pas contre ça, mais nous allons inciter les gens à prendre le temps de ralentir, de se demander ce qu’on peut faire avec ce temps. De débrancher le fil pour se brancher sur autre chose, ultimement. »

L’enjeu des écrans
Avec ses outils et ses conférences, L’Arc-en-ciel évite de parler de cyberdépendance, qui est une problématique plus grave, mais plus rare (qui toucherait de 2 à 3 % de la population) que l’utilisation problématique d’internet (UPI). L’UPI, qui comprend par exemple la mauvaise utilisation des jeux vidéo, est un enjeu dans une majorité de familles québécoises, ce qui a des répercussions aussi sur la réussite éducative, souligne Frédérick Fortier.
L’organisme a donc créé des outils pour discuter de l’utilisation de l’écran dans les écoles. Ces outils ont mené, en 2015, à la création d’un projet-pilote d’une série d’ateliers pour le deuxième cycle du primaire et des élèves du 2e et 3e secondaire.
L’organisme a aussi conçu des conférences pour les parents, eux qui se sentent souvent démunis avec l’encadrement et l’éducation envers l’utilisation des écrans, que ce soit le temps d’utilisation, les jeux vidéo, etc.
Dans les conférences, on tente de montrer ce qu’est une utilisation problématique d’internet. On met ainsi l’accent sur le reflet du parent sur l’enfant, sur le modèle qu’il incarne pour ses enfants. « Les conférences permettent d’avoir un portrait de la situation et de proposer des outils d’intervention, explique Éliane Brockelmaier, éducatrice en prévention. Il faut trouver l’équilibre avec les écrans; tout n’est pas mauvais. »
Cette démarche de l’organisme s’est aussi traduite par la création d’un cahier pédagogique pour les enseignants. « Des gens au Québec, des chercheurs, commencent à regarder ce que nous faisons, les outils que nous avons développés en traitement de dépendance des jeux. On s’est dit que c’est bien de sensibiliser, mais comment faire pour utiliser l’outil dans une perspective académique et pédagogique. »
Le cahier offre deux volets, soit la sensibilisation à la citoyenneté numérique et la sensibilisation aux écrans.
Un projet pilote est en cour à l’école de l’Amitié, à Saint-Jean-Baptiste, afin d’évaluer la première mouture du cahier. Le cahier circule aussi dans les écoles Au-Fil-de-l’Eau, Notre-Dame et de la Mosaïque. « C’est unique au Québec, dit M. Fortier, et ça répond à un besoin. » Pour info et inscription : preventionarcenciel.org/on-vous-offre/defi-debranche-le-fil.

Saint-Jean-Baptiste
La Municipalité de Saint-Jean-Baptiste a décidé de sauter à pieds joints dans l’aventure Débranche le fil. La municipalité propose une série d’activités gratuites et ouvertes à tous, même aux résidents des municipalités voisines. Il faut seulement réserver sa place.
Le populaire auteur Patrick Senécal donnera la conférence Parlons ténèbres le 04 avril au centre communautaire. Le lendemain soir, Marie Tifo, Pierre Curzi, Josianne Arsenault Dubé et Martin St-Gelais proposent une lecture de Contes dans le noir, toujours au centre communautaire.
La programmation complète et la série de conférences sur le fait d’être parent à l’ère numérique : preventionarcenciel.org.

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