14 septembre 2018
Jean-Guy Talbot réclame des millions à une cinquantaine de parties
Une requête pour faire tomber la poursuite
Par: Denis Bélanger

Jean-Guy Talbot est propriétaire de l’entreprise de développement immobilier P. Talbot, responsable du projet Le Boisé Ensoleillé, où 15 phases ont été réalisées, comprenant environ 350 résidences. Photo: Archives

La poursuite d’envergure intentée par le promoteur immobilier de Mont-Saint-Hilaire Jean-Guy Talbot, qui visait une cinquantaine de parties notamment pour utilisations illégales d’infrastructures publiques souterraines, pourrait tomber à l’eau. Un des avocats des défendeurs a déposé une demande en rejet d’abus à la chambre civile de la Cour supérieure.

La croisade judiciaire de M. Talbot a fait la manchette cet hiver alors qu’il réclamait plusieurs millions de dollars à la Ville de Mont-Saint-Hilaire, au maire actuel et à son prédécesseur, à des résidents de développements immobiliers situés près du sien, au promoteur José Lobato et à la succession d’un autre développeur, Luc Racicot.

M. Talbot est propriétaire de l’entreprise de développement immobilier P. Talbot, responsable du projet Le Boisé Ensoleillé, où 15 phases ont été réalisées, comprenant environ 350 résidences. Le point de départ du litige se situe sur la réalisation de travaux d’infrastructures municipales pour certaines phases du projet résidentiel, qui ont été financés par l’entreprise de M. Talbot. La relation entre l’entrepreneur et la municipalité s’est envenimée à la suite de ces travaux. Dans la poursuite, l’entrepreneur allègue entre autres que la Ville a changé le tracé des canalisations d’eaux pluviales pour permettre à un compétiteur d’accaparer illégalement une servitude dans les canalisations conçues et construites par M. Talbot.

Pas une surprise
La requête de rejet a été déposée par l’avocat représentant M. Lobato et les résidents de son ensemble résidentiel, Me Jean-Félix Racicot, qui est d’ailleurs le fils de Luc Racicot. L’avocat avait indiqué cet hiver qu’il allait invoquer les clauses du Code civil portant sur les poursuites abusives.

Le litige est de plus revenu en août au palais de justice de Saint-Hyacinthe où M. Talbot a été interrogé et contre-interrogé pendant plusieurs jours. M. Racicot s’est aussi servi de ce processus pour bâtir sa requête. Un juge devra maintenant décider si la requête est recevable. Jean-Félix Racicot estime que la réponse sera connue seulement en 2019.

En plus de faire tomber la poursuite, la requête demande qu’un magistrat condamne Jean-Guy Talbot à verser des dédommagements aux différentes parties visées par la poursuite, lesquels s’élèvent à plus de 900 000 $. «C’est quelque chose qui se fait couramment pour ce genre de requête», a souligné Félix Racicot.

L’Œil Régional a tenté d’obtenir un commentaire de Me Daniel Chénard, qui représente Jean-Guy Talbot. Mais M. Chénard n’a pas été en mesure de rappeler le journaliste au moment de mettre sous presse. De son côté, la Ville de Mont-Saint-Hilaire n’a pas voulu commenter le dossier.

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