6 mai 2016
Une nouvelle vie après la Syrie
Par: Karine Guillet
Muhamed et Malak Hac Gazi ont été jumelés à Robert Marquette et Lise Amyot.

Muhamed et Malak Hac Gazi ont été jumelés à Robert Marquette et Lise Amyot.

Muhamed et Malak Hac Gazi ont quitté la Syrie sans savoir ce qui les attendait. Installé à Saint-Hyacinthe depuis presque trois mois avec leurs quatre enfants, le couple s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie, même si les pensées de Muhamed sont toujours tournées vers ceux qu’il a laissés dans son pays natal.

«Nous, on arrive ici sans savoir notre destin. On est venus en ne se fiant pas à grand-chose, mais nous sommes contents de ce que nous avons trouvé, fait savoir, à l’aide d’une traductrice, le nouveau Maskoutain qui s’exprime en arabe. L’accueil, le sourire sur le visage des gens; ça nous rassure beaucoup.»

 

Le couple est arrivé au Québec avec ses enfants de 6, 14, 18 et 20 ans le 12 février dernier. Selon le père de famille, le plus grand choc a d’abord été le froid de l’hiver. Une fois le choc de l’hiver passé, la langue s’est vite imposée comme un obstacle évident. Malak et Muhamed ont d’ailleurs commencé les cours de francisation avec leurs deux plus vieux enfants.

L’apprentissage de la langue est leur priorité. Mais Muhamed aimerait par la suite trouver un travail. Musicien de métier, il aimerait pouvoir continuer à gagner sa vie grâce à la musique.

 

S’il se dit heureux de l’accueil que lui a réservé la communauté maskoutaine, il est toujours préoccupé par le sort de son père, de ses frères et sœur et de sa fille, tous encore dans ce pays «dans un état critique».

 

Jumelage

Afin de faciliter leur intégration dans leur nouvelle terre d’accueil, les Hac Gazi ont été jumelés par la Maison de la famille des Maskoutains avec la famille de Robert Marquette et de Lise Amyot. Les deux familles se sont rencontrées récemment pour la première fois.

 

«Une des grandes difficultés qu’éprouve une personne arrivant dans un pays, une nouvelle ville, c’est celle de ne pas savoir à qui s’adresser pour une foule de renseignements importants. C’est ce à quoi le projet de jumelage familial va tenter de répondre», explique Richard Flibotte, président de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe et porte-parole de l’initiative.

 

Déjà, le couple maskoutain a accueilli les réfugiés chez eux, où ils ont pu échanger avec l’aide d’un interprète. Les familles ont encore droit à la présence d’un interprète pour une douzaine d’heures.

 

«On fait ce qu’on peut, explique Mme Amyot. Au fond, ils n’ont pas d’attentes précises ces gens-là. Le minimum de temps qu’on peut leur donner, comme les amener chez nous, leur faire connaître la maison, c’est déjà de leur dire: vous êtes rendus au Québec.»

 

Les nouveaux arrivants espèrent de leur côté que ce jumelage les aidera à apprendre la langue de Molière et leur permettra de briser la solitude.

 

Si la langue représente indéniablement un obstacle, la famille de Saint-Hyacinthe a confiance qu’elle réussira à surmonter ce défi. Déjà, les deux familles réussissent à communiquer à l’aide de traducteurs robotisés ou même grâce à des signes. La famille a déjà aidé les Syriens à faire leur épicerie et à comprendre les communications avec l’école.

«On aurait aimé être capable de discuter avec eux, de savoir comment ils se sentent actuellement. Les tristesses, les joies qu’ils ont. On n’est pas capables actuellement d’aller au niveau émotif. On imagine qu’ils ont vécu des choses pénibles; malheureusement, on ne peut pas jaser avec eux. Le petit bout qu’on va faire c’est dans le concret de tous les jours», explique Mme Amyot.

 

Familles recherchées

La famille Hac Gazi est la première des huit familles syriennes arrivées à Saint-Hyacinthe à bénéficier du projet de jumelage. La Maison de la Famille des Maskoutains recherche d’ailleurs d’autres familles intéressées par un jumelage afin de faciliter l’intégration des nouveaux arrivants. Rens.: www.mfm.qc.ca

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