21 novembre 2018
La «Diva de la Montée» en concert
Une histoire d’amour avec Audrey-Anne Asselin
Par: Vincent Guilbault
Audrey-Anne Asselin. Photo: KVB Photos

Audrey-Anne Asselin. Photo: KVB Photos

Les larmes ont monté aux yeux de Lorraine Prieur et de Luc Saucier lorsqu’ils ont entendu la voix d’Audrey-Anne Asselin en concert pour la première fois. C’était il y a six ans, au Saguenay, et les deux propriétaires de la salle de spectacle La Montée des Arts, à Mont-Saint-Hilaire, sont tombés en amour avec la soprano.

«Elle a le cadeau de la voix, mais aussi une personnalité et une sensibilité sincères lorsqu’elle chante. Elle veut créer un contact avec le public», raconte Mme Prieur. C’est pour cette raison que La Montée des Arts remettra une bourse de 1000$ à l’artiste, en plus de l’inviter à présenter un concert-spectacle le 1er décembre prochain.
Après avoir présenté quelques concerts à La Montée des Arts, Mme Asselin reviendra cette fois avec un spectacle monté de toutes pièces par elle et Mme Prieur.
Le concert sera axé sur la musique française, et mettra en honneur certains morceaux de Schubert et de Reynaldo Hahn. La soprano y présentera aussi sa version de «Bercé par la houle», la chanson populaire écrite par Louis Sauvat. «C’est un morceau chanté par mon grand-père et qui fait partie de la tradition familiale», souligne la chanteuse. Le spectacle mettra aussi en vedette des jeunes chanteurs et musiciens de la relève.
«J’ai chanté à quelques occasions pour des concerts à la Montée. Mais c’est la première fois que j’ai un temps pour moi, pour un programme. Mme Prieur m’a donné carte blanche.»
Mme Asselin n’a d’ailleurs que de bons mots pour Mme Prieur et M. Saucier, qui l’appuient dans son parcours de chanteuse classique et d’opéra. «Dans le monde de la musique et des chanteurs classiques, nous avons besoin d’un cercle de soutien, des gens en qui on peut avoir énormément confiance, explique Mme Asselin. La Montée des Arts, c’est un safe place, car [Luc et Lorraine] me soutiennent et aiment ce que je fais pour les bonnes raisons, pas pour obtenir de la visibilité en échange. Ça, c’est important pour une carrière.»

Pour le plaisir de la musique
Née à Dolbeau-Mistassini, Audrey-Anne Asselin a déménagé à Montréal pour terminer son bac en chant classique à l’Université de Montréal. Elle termine présentement sa maîtrise à McGill, où elle a l’opportunité de suivre les cours d’interprétation avec le pianiste et coach vocal Michael McMahon.
Audrey-Anne a toujours su qu’elle allait chanter, mais le récital et l’opéra se sont imposés seulement au cégep, même si sa jeunesse a été baignée dans le chant classique.
«Ça vient de ma famille. Ma mère était directrice de chœur, mon père avait une voix opératique; de l’opéra, j’en ai entendu, je connaissais les grands airs même si j’ai chanté de la pop jusqu’à 17 ans.» C’est d’abord pour améliorer sa technique que Mme Asselin s’est tournée vers le chant classique.
C’est ce qui fait d’elle une artiste polyvalente, souligne Mme Asselin. «Si on me demande pour un mariage ou des funérailles, je peux faire n’importe quoi», cite-t-elle en exemple.
D’ailleurs, même si un brillant avenir se dessine devant la «Diva de la Montée», comme la décrit Mme Prieur, Audrey-Anne Asselin n’a pas encore tracé complètement sa voie. «À mon âge, je peux encore me permettre de toucher à tout. Pour faire sa place dans l’opéra, il faut passer par les compagnies de jeunes artistes, comme l’atelier lyrique de l’Opéra de Montréal ou la Canadian Opera Company, à Toronto», dit-elle. Et même si c’est ce qu’elle compte faire, elle insiste sur le fait que le monde de l’opéra change et qu’elle a envie de ratisser un public plus large, de rendre l’opéra et le chant plus accessibles. «Je suis attirée par l’aspect de créer son propre emploi, d’arrêter d’attendre après les productions, surtout à l’ère où la popularité de la musique classique est en pente descendante. Ma génération s’intéresse moins à la musique classique que nos parents ou nos grands-parents et on tente de réinventer l’opéra et la musique classique. C’est un mouvement auquel je veux prendre part, rendre ça plus accessible. Un peu mettre de côté le décorum, proposer de la musique dans un café, pour le plaisir de la musique. Juste pour le plaisir de la musique. C’est en ça que je crois.»
En plus de la soirée du 1er décembre, on pourra entendre Audrey-Anne Asselin dans La croisade des dames, au Wirth Opera Studio à McGill, le 2 décembre en soirée, dans le cadre des Horizon Projects de l’Opera McGill. Mme Asselin interprétera aussi le rôle de Papagena dans La Flûte enchantée de Mozart, à l’opéra McGill, en février prochain.
La Montée des Arts est située au 215, montée des Trente à Mont-Saint-Hilaire. Pour réserver une place: 450 467-0269.

image