25 février 2016
Une heure et demie d’autobus par jour en maternelle
Par: Karine Guillet
Maxim Moreau souhaiterait que la commission scolaire change le trajet des autobus de l'école Saint-Charles

Maxim Moreau souhaiterait que la commission scolaire change le trajet des autobus de l'école Saint-Charles

Pour éviter que leurs enfants ne passent une heure et demie à voyager tous les jours, des parents de Mont-Saint-Hilaire ont inscrit leurs enfants à l’école primaire de Saint-Charles-sur-Richelieu. Privés de transport scolaire, ils se demandent pourquoi la Commission scolaire des Patriotes (CSP) ne priorise pas cette école pour pallier la surpopulation dans les écoles de leur ville.

Maxim Moreau et sa conjointe ont déménagé à Mont-Saint-Hilaire l’automne dernier. L’école du secteur, Au-Fil-de-l’Eau, n’était pas en mesure d’accueillir leurs jumeaux à la maternelle.  La CSP proposait de relocaliser les enfants à l’école Notre-Dame à Otterburn Park, à quelques kilomètres de sa résidence. Le trajet d’autobus pour ses enfants aurait toutefois été de 42 minutes matin et soir.

Selon la politique de transport de la CSP, la durée du trajet ne devrait pas excéder 45 minutes pour un élève dans son école de secteur ou 75 minutes dans le cas d’élèves en projet particulier ou en classe spécialisée. Il s’agit toutefois d’objectifs et non d’engagements.

Pas droit au transport

La famille a tenté de trouver une place dans une autre école de Mont-Saint-Hilaire, mais elle aussi affichait complet. Les parents se sont donc tournés vers l’école de Saint-Charles-sur-Richelieu, située à quelques kilomètres de leur demeure.

Les enfants du couple ne peuvent bénéficier du transport scolaire, puisque le choix d’école est celui des parents, selon la CSP.

Les enfants en choix-école peuvent parfois avoir accès au transport scolaire, si  à titre d’exemple, un trajet d’autobus passe dans le même secteur et que des places sont disponibles. Dans le cas de M. Moreau, aucun autobus ne se rend à sa résidence.

Pourtant, des autobus quittent l’école Saint-Charles avec un petit nombre d’écoliers à  bord, se désole le père.

Otterburn Park plutôt que Saint-Charles

L’école de Saint-Charles accueille 88 élèves dans ses sept classes. L’école Notre-Dame accueillait pour sa part 605 élèves pour 29 locaux. La CSP constatait déjà un déficit de 12 locaux pour le secteur de Belœil, McMasterville, Mont-Saint-Hilaire et Otterburn Park. Un manque de locaux qui la force à transformer des locaux avec une autre vocation (comme la bibliothèque) en classe.

Devant ce constat, les parents se demandent pourquoi la CSP n’agrandit pas le territoire de l’école Saint-Charles ou ne modifie pas le trajet des autobus pour permettre à des élèves de Mont-Saint-Hilaire de la fréquenter. M. Moreau ajoute d’ailleurs qu’un plus grand nombre d’élèves inscrits à Saint-Charles permettrait à l’école d’obtenir un meilleur financement.

Selon Mme Arcand, les écoles d’Otterburn Park et Mont-Saint-Hilaire travaillent ensemble selon des secteurs pour l’organisation des ressources scolaires.

Si la plupart des écoles fonctionnent par secteur, la CSP possède un petit nombre d’écoles autonomes. Il s’agit de petites écoles souvent plus isolées géographiquement, comme c’est le cas de celle de Saint-Charles.

Lorsque la CSP doit déplacer un  enfant de son école de secteur, celui-ci se retrouve protégé d’un nouveau transfert dans son école d’adoption. Cette protection entre toutefois en conflit avec la nécessité d’assurer une place dans les écoles pour les élèves issus de municipalités plus isolées. Dans le cas où une petite école accueillant des élèves transférés se retrouverait à pleine capacité, la CSP se retrouverait donc contrainte de déplacer des élèves de la municipalité vers un autre établissement.

 

Réduire le temps de transport

Le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, se désole que certains enfants doivent passer autant de temps dans l’autobus, une situation qui lui paraît illogique. «Si c’était faisable et qu’il y a de la place à l’école Saint-Charles, pourquoi pas?», questionne-t-il.

Un cas comme celui de M. Moreau convainc d’autant plus le maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, de l’urgence de construire une nouvelle école dans sa municipalité. Rappelons que la Commission scolaire des Patriotes a placé une demande pour la construction d’une nouvelle école de 14 locaux dans le secteur de la Gare, peu avant la rentrée scolaire. Le maire a espoir que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur répondra favorablement à la demande d’ici la fin de l’année scolaire.

 

 

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