10 octobre 2018
L’opposition converge sous une même bannière
Une firme de relations publiques pour contrer Telus
Par: Vincent Guilbault
Isabelle Vermette, opposante au projet de la tour Telus.
Photo: François Larivière

Isabelle Vermette, opposante au projet de la tour Telus. Photo: François Larivière

La Ville d’Otterburn Park a engagé la firme de relations publiques Massy Forget Langlois, au coût de 38 000 $, pour appuyer le mouvement citoyen Ensemble contre Telus. La firme aidera les citoyens à se mobiliser contre la venue d’une tour de télécommunication sur la rue Moutainview.

Isabelle Vermette, une ancienne conseillère municipale et résidente d’Otterburn Park, se fait la courroie de transmission entre la firme de relations publiques, la Ville et les citoyens. Selon elle, le mouvement d’opposition à la tour Telus était beaucoup plus fort en 2014, mais la résistance s’est effritée avec le temps et le changement de conseil municipal. «Il y avait deux ou trois groupes qui voulaient reprendre le flambeau, mais rien ne se faisait ensemble. J’ai donc créé un groupe Facebook Ensemble contre Telus pour tous les réunir.»
C’est en voyant ce groupe Facebook que le maire Denis Parent est entré en contact avec Mme Vermette pour offrir l’aide de la Ville pour une mobilisation rapide puisque la compagnie Telus a déjà obtenu le feu vert d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDEC) pour commencer les travaux d’installation d’une tour de télécommunication.
L’idée d’une firme de relations publiques s’est donc imposée pour réagir rapidement dans un délai très court. C’est ce qui permet au mouvement, par exemple, d’imprimer 3000 pancartes (environ une par adresse de la municipalité), de mettre en ligne une pétition (200 noms en ce moment) et aussi de tenir des rencontres de mobilisation, dont la prochaine est prévue le 14 octobre, au Presse Café de Mont-Saint-Hilaire, à 13h30. «L’Objectif de la rencontre est de parler de ce qui se fait avec la firme, de la pétition et de créer un sous-comité pour une manifestation», résume Mme Vermette.

Convergence
«C’est la première fois qu’un conseil est avec ses citoyens de cette façon, dit Isabelle Vermette. Je suis tellement contente. D’habitude, on se bat, mais là, la direction de la Ville est avec nous. Il n’y a pas de clivage. Ça fait vraiment du bien.»
De son côté, le maire Denis Parent se dit très heureux de l’existence du regroupement. Si la Ville peut s’opposer à la venue d’une tour de façon légale, dit-il, la population doit aussi résister et se mobiliser. Avec une firme spécialiste, M. Parent pense que la résistance à Telus sera mieux organisée. «Des citoyens montaient des pétitions, dit-il, mais ils envoyaient la pétition à Telus! Là, la firme va travailler avec [les opposants] sous une seule bannière et avec des actions concrètes.»
Surtout, M. Parent croit que les citoyens peuvent faire une différence. «Je pense que l’impact des citoyens est plus important qu’une guerre d’avocats. Si tout le monde parle de Telus et que Telus ne recule pas, les gens au marketing vont peut-être se réveiller. La population a un poids.»

«J’ai toujours pensé que lepeuple a plus de pouvoir que les avocats et l’argent.»
– Denis Parent

Les élus municipaux, eux, tentent de mobiliser la région. Déjà, le député fédéral Matthew Dubé a donné son appui à la Ville en dénonçant le manque d’écoute du ministère de l’ISDEC dans le dossier. Les autres Villes de la MRC de la Vallée-du-Richelieu ont aussi officiellement appuyé la démarche d’Otterburn Park. «Le combat va au-delà d’Otterburn Park, maintient M. Parent. Nous avons une multinationale qui ne fournit pas toute l’information, qui ne nous respecte pas. Nous voulons faire comprendre à la population que [la Ville] a demandé des choses de base à Telus, comme de justifier l’installation d’une troisième tour alors qu’il y en a déjà une à Beloeil et une à Mont-Saint-Hilaire.»
Selon lui, les clients de Telus dans la région ont une très bonne couverture cellulaire et la venue d’une nouvelle tour ne servira qu’à louer des espaces aux autres entreprises de télécommunication «pour faire de l’argent», pense le maire.
De son côté, Telus maintient que le projet vise à améliorer la connectivité de son réseau, surtout concernant la bande passante, et qu’elle a toujours répondu aux questions des citoyens, tout en modifiant le plan selon leurs demandes.
Par voie de communiqué, Telus a répondu qu’«à ce stade-ci, nous trouvons surprenantes les actions de la Ville alors que Telus l’avait informée qu’elle acceptait de mettre son projet sur la glace le temps du processus judiciaire initié par la Ville pour réviser la décision de ISDEC auprès de la Cour fédérale. Nous sommes confiants d’avoir donné à de multiples reprises et à toutes les parties prenantes l’ensemble de la documentation nécessaire pour le projet.»

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