28 octobre 2015
Une fin de course en queue de poisson
Par: Denis Bélanger
Charles Hamelin of Sainte-Julie, QC  falls during the qualification of the 1000 m 
at the 2014 Winter Games in Sochi Russia, on 15 february 2014.

Charles Hamelin of Sainte-Julie, QC falls during the qualification of the 1000 m at the 2014 Winter Games in Sochi Russia, on 15 february 2014.

La tenue à Montréal cette semaine d’une Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste m’inspire une chronique sur le sujet. En fait, il y a encore des puristes qui regardent cette discipline sportive de haut.

Plusieurs anciens collègues estimaient qu’une médaille en longue piste était plus prestigieuse qu’une médaille en courte de piste. À leur avis, beaucoup plus de pays pratiquent le longue piste que le courte piste où la compétition est ainsi moins féroce. Je suis bien loin de partager leur avis. Cependant, leur opinion avait peut-être été biaisée par une course du 1000 mètres qui s’était terminée en queue de poisson.

 

C’était aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City en 2002. Ça se passait un samedi. Je m’en souviens très bien, nous avions regardé l’épreuve en entier dans mon appartement situé dans un sous-sol de la rue Plante à Jonquière. Votre humble serviteur, ma colocataire La Normadin, LP et mon amie Mélo, ce sont ceux dont je me souviens, avaient hâte à la finale du 1000 mètres en courte piste, car le Québécois Mathieu Turcotte s’était qualifié pour la finale. Il y avait aussi à cette finale un Américain trop sûr de lui à mon goût, avec une barbichette, du nom d’Apolo Anton Ohno.

 

En fin de course, il y a eu un véritable carambolage. Quatre patineurs, dont notre Québécois, qui se suivaient de très près tombent. Le cinquième patineur, l’Australien Steven Bradbury était loin derrière (environ une quinzaine de mètres) quand l’incident s’est produit. Il a eu le temps de franchir le fil d’arrivée en premier. Ohno, et Turcotte, qui avait une belle entaille au postérieur, ont fait quelques péripéties pour récolter l’argent et le bronze. Bradbury était devenu alors le premier athlète provenant de l’hémisphère sud à remporter l’or aux Jeux d’hiver. On se l’accorde, dans cette situation, Bradbury était champion par défaut. Le plus ironique est que dans sa vague de quart de finale, l’Australien avait terminé troisième et seuls les deux premiers passaient au tour suivant. Marc Gagnon, 2e, avait toutefois été disqualifié.

Hamelin ou Gagnon?

Je ne suis pas encore rendu à l’étape de dire qui a été le plus grand entre Charles Hamelin et Marc Gagnon. Hamelin n’a pas encore terminé sa carrière. Quand ce sera le temps, le débat risque d’être très intéressant.

 

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