4 octobre 2018
Projet de la rue Saint-Georges
Une épicerie essentielle à un centre-ville
Par: Denis Bélanger

David Paradis et Catherine Boisclair. Photo: Denis Bélanger

La viabilité commerciale d’un centre-ville passe par la présence d’une épicerie qui assure un débit quotidien de clients profitants aux autres commerces. Et à l’inverse, laisser partir un marché d’alimentation entraînerait des effets négatifs pour les autres magasins du secteur. C’est l’avis des représentants de l’organisme à but non lucratif Vivre en Ville, qui se spécialise dans le développement des milieux de vie.

Le directeur de la recherche, de la formation et de l’accompagnement de l’organisme, David Paradis, ainsi que la coordonnatrice du projet Oui dans ma cour, Catherine Boisclair, ont été invités par la Ville de Mont-Saint-Hilaire pour donner une conférence ouverte au grand public. La rencontre faisait partie du calendrier des nombreuses étapes prévues à l’élaboration d’un plan particulier d’urbanisme (PPU) du centre-ville, lequel est lié au projet de développement de la rue Saint-Georges qui comprend la relocalisation du IGA. M. Paradis et Mme Boisclair n’étaient toutefois pas là pour vendre un projet, mais bien pour échanger avec les gens présents. Les idées véhiculées durant la rencontre permettront néanmoins à la municipalité de s’outiller davantage pour l’adoption du PPU, a confirmé un fonctionnaire durant la rencontre.

Tout part
David Paradis est catégorique: quand l’épicerie s’en va du cœur du village, tout s’en va. Il ne recommanderait jamais une localisation autre qu’un centre-ville pour ce type de commerce. «Il y a eu l’exemple de Beauharnois. C’est dangereux pour une raison d’acceptabilité ou de déplacement véhiculaire si on accepte d’être ailleurs. Quand c’est parti, c’est très dur de faire revenir le reste. Vous avez alors perdu votre centre-ville.»
M. Paradis est d’avis qu’une épicerie fait très bon ménage avec les petits commerces dans un centre-ville. «Le cœur de village cherche à créer une animation et il faut s’assurer qu’il y ait des petits commerces. Il faut donc attirer des gens à cet endroit et la meilleure façon est de répondre au besoin primaire, comme de s’alimenter. L’épicerie est au cœur du redéveloppement des centres-villes. Elle permet d’avoir une clientèle qui fréquente quotidiennement le lieu.»

David Paradis a aussi mentionné que le projet de déménagement sur Saint-Georges du Marché Pepin n’entraînerait pas de nouveau trafic, mais seulement un déplacement vu que l’épicerie serait située à 300 mètres seulement de son ancien local. David Paradis et sa collègue Catherine Boisclair ajoutent que la relocalisation d’une épicerie à l’extérieur du cœur de village augmentera la circulation. Les résidents demeurant près de l’épicerie auparavant seraient alors amenés à prendre eux aussi leur voiture pour se déplacer au nouveau domicile du marché d’alimentation.

Mais le conférencier admet que l’ajout de logements locatifs pourrait changer la donne sur le plan de la circulation. «C’est là l’importance d’avoir une vision d’ensemble pour la centralité, poursuit-il. À terme, tout ça va amener une modification du mode de vie, de la circulation et de la nuisance.»

Nouvel échéancier et dépliant
L’opposition et les craintes face au projet demeurent, comme en ont témoigné les commentaires de plusieurs citoyens durant la période d’échange qui a suivi la conférence. La Ville de Mont-Saint-Hilaire a d’ailleurs modifié l’échéancier pour l’adoption du PPU. Prévue en octobre, l’adoption a été remise à la semaine du 5 novembre pour permettre la tenue à la fin du mois d’ateliers participatifs thématiques. Il y aura par la suite une séance de consultation publique sur les projets de règlement en décembre puis une adoption finale des règlements en janvier.

Ajoutons que la semaine dernière, un nouveau dépliant s’opposant au projet a été distribué dans les boîtes aux lettres des citoyens. Le document, signé par le groupe La voix des citoyens de MSH, demandait aux citoyens de se présenter en grand nombre à la séance du conseil municipal du 2 octobre. Les auteurs du dépliant demandent même la tenue d’un référendum sur la question.

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