18 novembre 2020
Intervention de crise en santé mentale
Une diminution de 70 % des transports à l’hôpital
Par: Sarah-Eve Charland

Selon le sergent Jean-Luc Tremblay, le partenariat entre les centres de crise et les policiers a permis de mieux intervenir en situation de crise. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

En créant un partenariat avec les centres de crise de la région, les policiers ont adapté leurs interventions auprès des personnes dont l’état mental pourrait présenter un danger. Ils ont réduit de 70 % le nombre de transports à l’hôpital de ces personnes en changeant leur approche.

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Depuis deux ans, les policiers ont un contact direct avec un intervenant du centre de crise le plus près. En tout temps, les policiers peuvent entrer en contact avec l’intervenant lorsqu’ils doivent intervenir dans une situation où l’état mental d’une personne est perturbé. Le policier effectue une première observation en arrivant sur les lieux pour ensuite appeler l’intervenant. Les policiers laissent l’intervenant discuter avec la personne en crise, qui évalue le niveau de risque.

« La majorité n’est pas transportée à l’hôpital. Avant ce partenariat, 100 % des cas étaient transportés à l’hôpital parce qu’on n’avait pas l’expertise d’évaluer si la personne présentait un danger immédiat. Les policiers ne prenaient pas de chance. La Loi donne certains critères précis aux policiers. Il faut qu’il y ait un danger immédiat, pas dans deux semaines », explique le sergent Jean-Luc Tremblay, de la Régie intermunicipale Richelieu–Saint-Laurent.

Les policiers doivent se référer à la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui. Lorsque les policiers croient qu’il peut y avoir un danger immédiat, ils transportent la personne à l’hôpital, qu’elle soit consentante ou non. Seuls les policiers peuvent transporter une personne contre son gré.

« La grande majorité des cas ne sont pas transportés à l’hôpital. C’est ce qui est merveilleux avec cette approche. La personne reçoit l’aide dont elle a besoin. Même si elle n’est pas transportée à l’hôpital, elle a un suivi du centre de crise. Elle n’a pas besoin de passer par les listes d’attente. […] Souvent, les personnes ou les proches ne savent pas qui appeler quand une situation survient. Ils appellent le 911. On envoie donc les personnes au bon endroit », poursuit le sergent.

Les policiers ont dû s’adapter, admet le sergent Tremblay. Malgré tout, il n’y voit que du positif. « C’est un problème de santé; ce n’est pas une infraction. On veut redonner au réseau de santé ce qui lui appartient. On obtient le consentement de la personne [pour la transporter à l’hôpital s’il y a lieu] dans la majorité des cas dans le respect de ses droits. Ça fait en sorte que le policier n’est plus dans la confrontation. Les policiers n’ont jamais voulu être dans la confrontation, mais on n’avait pas les outils. C’est beaucoup plus facilitant. »

Le nombre d’interventions semble être stable d’année en année, observe M. Tremblay. En 2020, à ce jour, les policiers ont effectué environ 1000 interventions auprès de personnes ayant l’état mental perturbé. « Étant donné que la personne obtient un suivi après une intervention, ça fait en sorte qu’elle ne nous rappelle pas deux ou trois autres fois. On remarque que les cas récurrents sont moins fréquents. »

Vous avez besoin d’aide? Appelez au centre de crise Contact Richelieu-Yamaska au 450-774-6952 ou composez le numéro provincial des centres de prévention du suicide au 1 866-APPELLE.

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