31 août 2016
Une deuxième vie pour des chiens abandonnés
Par: Karine Guillet
L'éducatrice canine Providence Godon avec  Mini, sous le regard de sa maîtresse Noémie Labbé-Roy, directrice des Chiens Togo.

L'éducatrice canine Providence Godon avec Mini, sous le regard de sa maîtresse Noémie Labbé-Roy, directrice des Chiens Togo.

COMMUNAUTAIRE. Noémie Labbé-Roy rêvait de jumeler sa passion pour la race canine à sa formation de psychoéducation. Pour réaliser son projet, sa petite famille et elle ont quitté la vie montréalaise pour venir s’installer à Mont-Saint-Hilaire. Un an plus tard, elle a déjà donné une deuxième chance à une douzaine de chiens abandonnés en les transformant en chien d’assistance avec son organisme les Chiens Togo.

Si au départ Noémie entraînait elle-même les chiens, elle s’est maintenant  entourée d’une équipe de deux éducatrices canin qui forment les chiens.   L’organisme a d’ailleurs quelques demandes en attente.

«La demande est là, elle est immense, surtout au niveau des chiens d’assistance psychologique pour adultes parce que c’est très marginal. Ce n’est pas très connu, dont peu de personnes offrent ce service-là», explique Noémie, directrice de l’organisme.

Détentrice d’un baccalauréat en psychoéducation, Noémie a eu le coup de cœur pour la cause des chiens d’assistances alors qu’elle travaillait pour une entreprise d’éducation canine. Son travail en pédopsychiatrie de l’hôpital Général Juif lui a aussi fait prendre conscience des bienfaits de la zoothérapie.

«J’observais que les enfants me parlaient de leurs chiens et que c’était facile de parler de leur chien. Ils avaient de la difficulté à créer des liens avec les autres enfants, mais avec leur chien, ils avaient une vraie relation», se rappelle-t-elle.

Vers les refuges

L’organisme hilairemontais forme des chiens d’assistance pour une clientèle variée, allant des troubles psychologiques aux troubles physiques. Certains chiens sont aussi formés pour devenir de bons compagnons, c’est-à-dire qu’ils sont sélectionnés pour leur bon comportement, leur malléabilité extrême et leur intérêt envers les enfants.

Avec un demi-million d’animaux abandonnés dans la belle province tous les ans, il était tout naturel pour Noémie de se tourner vers les refuges canins pour trouver de potentiels compagnons Togo. Une approche qui a d’ailleurs ses avantages puisque les chiens sélectionnés sont déjà adultes, permettant aux éducateurs de voir le comportement réel de la bête avant de commencer le dressage et de sauver des coûts associés à la nourriture et aux frais vétérinaires.

Chaque chien sa famille

Toutes les demandes de chien passent par le même processus. La directrice de l’organisme reçoit d’abord les bénéficiaires pour évaluer les besoins. Le bénéficiaire peut faire part de ses préférences à l’organisme, qui commence alors la recherche vers des refuges partenaires, dont la SPA de Montréal et les Services animaliers de la Rive-Sud.

Seulement 10% des chiens de refuge ont un comportement assez exemplaire pour devenir Togo. Les animaux retenus sont âgés de un à trois ans.

La bête candidate passera ensuite au dressage avec les deux éducatrices canin avant de passer une semaine chez Noémie, qui procédera à l’évaluation finale.

Durant tout le processus, le futur bénéficiaire prend part aux séances d’entraînement, ce qui permet à la famille de voir comment l’éducatrice procède et ainsi créer un lien avec le chien. L’entraînement, basé sur des principes de renforcement positif (comme le clicker), est pensé sur mesure pour la personne qui vivra avec le chien.

«L’entraînement de base va être fait avec tous les chiens, mais après, ça dépend. Si on a besoin que le chien apporte du réconfort, on travaille le réconfort, si on veut des points de pression, on travaille les points de pressions », explique Providence Godon, éducatrice pour l’organisme.

Objectif: donner des chiens

Les Chiens Togo est devenu un organisme à but non lucratif il y a quelques mois. Noémie souhaiterait éventuellement être en mesure de donner les chiens aux bénéficiaires. Un bon défi, étant donné qu’un chien coûte 1000$ par semaine de formation. Actuellement, ce sont les bénéficiaires qui doivent défrayer pour l’entraînement du chien.

Pour aider à sa cause, elle a créé une campagne de sociofinancement par le biais du site Haricot. Au moment de mettre sous presse, l’organisme avait réussi à récolter près de 12 000$ de dons du public. Pour aider, les citoyens intéressés peuvent devenir membres annuels de l’organisme ou donner un coup de pouce bénévolement.

«C’est ce qui m’a aidée le plus de toute ma vie», Joannie, propriétaire de Buffy

Buffy est entrée dans la vie de Joannie Rhéaume avec l’arrivée de l’été. En à peine quelques mois, cette adorable boule de poil noir a déjà un impact considérable sur la vie de sa compagne souffrant de troubles d’anxiété.

Transformée en chien d’assistance, Buffy accompagne Joannie partout où elle va. «C’est un chien exceptionnel que j’ai. Je me trouve tellement chanceuse de l’avoir. Je ne peux pas m’imaginer qu’il y aurait pu lui arriver autre chose.»

La présence de Buffy a aidé à diminuer les crises des jouées de plusieurs fois par jours à une fois aux trois ou quatre jours.

La chienne a reçu un entraînement de huit semaines, où elle a entre autres appris à faire des points de pression pour calmer Joannie et à venir se coucher sur maîtresse, à la manière d’un doudou vivant.   

Stella aide son humaine à mieux structurer ses matinées

Stella a joint la famille de Mélanie Hamel il y a quelques mois afin d’aider la fille de Mélanie, aux prises avec un TDAH et un trouble d’opposition. Si la famille souhaite éventuellement que Stella aide la fillette à reconnaître ses émotions et à la calmer lorsque celle-ci aura plus de facilité à reconnaître, la présence canine a déjà eu un impact positif notamment dans la routine du matin.

«C’est comme son compagnon. Il vient la réveiller le matin, c’est moins difficile. Quand elle se réveillait, des fois, elle faisait des crises parce qu’on la réveillait trop brusque ou on la poussait pour qu’elle fasse ses routines. Le chien fait en sorte que c’est plus agréable», note la maman.

 

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