28 février 2019
Commission scolaire des Patriotes
Une classe de maternelle 4 ans supplémentaire
Par: Sarah-Eve Charland

On retrouvera quatre classes maternelles 4 ans sur le territoire de la Commission scolaire de Patriotes cet automne. Photothèque | L’Œil Régional ©

Une classe maternelle 4 ans sera ajoutée sur le territoire de la Commission scolaire des Patriotes (CSP) à la prochaine rentrée scolaire, mais le nom de l’école n’est pas encore connu.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a annoncé l’ajout de 250 classes de maternelle 4 ans à l’automne la semaine dernière. Il y aura un total de 644 classes au Québec.

À la CSP, trois classes sont ouvertes, dont deux à Mère-Marie-Rose à Contrecœur et une à l’école Le Rocher à Saint-Amable. Ces classes seront reconduites. Le conseil d’établissement de l’école qui prendra sous son aile la quatrième classe n’est pas encore avisé. Le nom de l’école sera dévoilé dans les prochaines semaines.

Le gouvernement a déposé son projet de loi visant à modifier la Loi sur l’instruction publique et permettra ainsi de déployer progressivement des classes préscolaires partout en province à compter de 2020-2021. Les maternelles 4 ans ne seront pas obligatoires, mais offertes sur une base volontaire.

« Notre objectif est de donner à tous nos enfants les moyens d’aller au bout de leur potentiel. C’est le meilleur investissement que nous puissions faire pour l’avenir du Québec. Pour ce faire, il faut ouvrir les portes du réseau scolaire encore plus tôt à tous les enfants du Québec pour leur offrir des services adaptés à leurs besoins », a affirmé le ministre Roberge.

Une directrice de CPE s’oppose à l’expansion des maternelles 4 ans

L’annonce d’ajouter 250 maternelles 4 ans au Québec ne fait pas l’unanimité. La directrice du Centre de la petite enfance (CPE) Les Copains d’abord, France Bertrand, s’oppose à cette démarche qui n’est pas adaptée, selon elle, aux enfants en bas âge.

Mme Bertrand assure que le débat ne concerne pas la baisse des inscriptions en CPE. Même si les enfants de 4 ans quittent les CPE, ces places seront largement comblées par des enfants d’autres âges, assure-t-elle.

« On trouve ça dommage que le débat ne se fasse pas à la bonne place. Le débat devrait plutôt se concentrer sur la question : est-ce que les enfants de 4 ans ont cette capacité-là? […] Notre inquiétude est de mettre des enfants beaucoup trop jeunes dans un milieu scolarisant. Quand les enfants entrent, à 5 ans, dans les écoles, les parents sont traumatisés de voir leur enfant entrer dans une grosse boîte », croit-elle.

Alors que les enfants sont encouragés à bouger, courir et s’exprimer pendant des années dans les CPE, elle estime que ce serait une erreur de discipliner les enfants de 4 ans selon les règles des écoles.

« De 0 à 5 ans, on essaie de permettre aux enfants de développer le langage. À trois ans, ça commence à être bien acquis pour la majorité d’entre eux. Leur vocabulaire n’est pas encore complet. C’est durant la quatrième année qu’on peaufine le tout. Alors que ça fait trois ans qu’on essaie de l’encourager à courir, à marcher et à parler, [on va lui dire] à 4 ans ferme-toi mon petit, rentre dans le moule et ça s’arrête là », déplore Mme Bertrand.

Selon le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, l’un des objectifs est de rejoindre les enfants qui ne sont ni en CPE ni en service de garde privé. France Bertrand croit que cela ne se réalisera pas puisque, notamment, les horaires dans les écoles sont moins adaptés à ceux des parents que celles dans les CPE.

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