16 décembre 2016
Une centaine de congés maladie par an pour des causes psychologiques
Par: Karine Guillet
Le CRDI a distribué en 2015 113 congés maladies pour des causes psychologiques, une hausse de 13 cas par rapport à 2014.<@

Le CRDI a distribué en 2015 113 congés maladies pour des causes psychologiques, une hausse de 13 cas par rapport à 2014.<@

SANTÉ. Les nombreuses transformations du réseau de santé et la présence de cas de plus en plus lourds dans les résidences pour personnes handicapées intellectuellement se font ressentir psychologiquement chez ces employés. Le syndicat se dit préoccupé par les cas de santé et sécurité et les départs à la retraite qui se font de plus nombreux.

Au syndicat des travailleurs du CRDITED-ME affilié à la CSN, les dossiers de santé et de sécurité sont assez nombreux pour occuper une personne à raison de quatre jours par semaine. La présidente du syndicat, Lucie Bouthillette, indique que le syndicat souhaitait entreprendre des démarches pour savoir où étaient ciblés les arrêts de travail. Elle indique également que beaucoup d’employés ont pris leur retraite de façon anticipée au cours de la dernière année.

Avant l’entrée en vigueur de la loi 10 (qui a eu pour effet de fusionner plusieurs établissements de santé), le CRDITED avait déjà entrepris une réorientation de ses activités depuis 2010 pour se concentrer sur sa mission de services spécialisés.  Mme Bouthillette soutient que ces nombreux changements vécus depuis les dernières années ont grandement impacté les travailleurs du réseau.

«Les demandes de performances sont plus serrées et ça, c’est à part de tous les changements; des fusions d’établissement, on change de tâche, de fonction. Quand le changement devient la norme, on n’a pas le temps de s’adapter.»

Depuis les cinq dernières années, le CRDITED-ME accorde une centaine de congés maladies pour des causes psychologiques.  L’organisation comptait en 2015 1111 employés, dont environ 720 étaient des employés réguliers et un peu plus de 300  y œuvraient de manière occasionnelle.

Un nombre stable depuis les dernières années qui n’est pas anormalement élevé selon la porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO), dont fait partie le CRDI-ME,  Jade St-Jean. Elle souligne que ce nombre se situe dans la moyenne de l’ensemble des installations du CISSSMO.

Plus pompiers qu’intervenants

Selon Mme Bouthillette, le retrait dans les résidences de préposés chargés de la préparation des repas a également contribué à alourdir la tâche des éducateurs. «Ça a fait une onde de choc chez nous parce qu’en bout de ligne, ils doivent accomplir plus avec moins d’effectifs.»

Elle ajoute à cela que les intervenants en résidence doivent également composer avec des cas de plus en plus lourds et complexe dans un environnement où les agressions sont un risque potentiel. Elle soutient que les intervenants ont plus souvent l’impression d’éteindre des feux que de remplir leur mission de réadaptation.  «Les gens au résidentiel ne peuvent plus prendre leur pause parce que s’ils quittent, ils ont l’impression de mettre leurs collègues à risque», explique-t-elle.

Les employés qui travaillent à l’externe ont aussi leur défi à relever. Parmi ceux-ci, la présidente cite un alourdissement de la paperasse et le temps de déplacement qui n’est pas compté dans les heures de travail, malgré le fait que certaines visites mobilisent grandement les intervenants étant donné la distance à parcourir.

Plan d’intervention

Le CISSSMO a déployé un plan d’action en prévention pour améliorer les environnements de travail. Mme St-Jean souligne également que l’harmonisation des services dans la foulé de la refonte des milieux de santé a permis de mieux encadrer le personnel. Elle ajoute finalement que les employés ont aussi accès à un programme d’aide.

 La présidente du syndicat soutient toutefois que la partie patronale a de la difficulté à mettre du support clinique en place pour les employés, faute de ressources. «Quand on fait face à des niveaux de difficulté d’ordre émotif et psychologique chez nos usagers, on a aussi besoin comme intervenant de supervision clinique qui tienne la route et d’être supporté par la patrie patronale qui souvent, va banaliser le volet psychologique chez le personnel», note-t-elle.

Le CRDI en bref

Le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et troubles envahissant du développement Montérégie-Est offre des services de réadaptation, d’adaptation et d’intégration sociale à des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle ou du trouble du spectre de l’autisme (TSA). Il gère également des ateliers de jour ainsi que des ressources d’hébergement.

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