9 juin 2017
Une caverne d’Ali Baba à la Maison Victor-Gadbois
Par: Denis Bélanger
La Maison Victor-Gadbois récupère des milliers d’objets par année saisis à l’aéroport de Montréal.

La Maison Victor-Gadbois récupère des milliers d’objets par année saisis à l’aéroport de Montréal.

C’est fou le type d’objets que les voyageurs tentent d’apporter à bord d’un avion. Broyeur à café, scie, pioche: voici quelques exemples d’objets exotiques saisis au poste de contrôle de sécurité de l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau. Tout ce «magot» est récupéré depuis une dizaine d’années par la Maison Victor-Gadbois. L’Œil Régional a pu visiter récemment «le coffre-fort» de l’établissement de soins palliatifs.

 

Dans une salle de machinerie au sous-sol de la maison, on retrouve d’un côté plusieurs bacs remplis de briquets et de canifs suisses de tous les genres. De l’autre, des contenants de ciseaux et de tire-bouchons, objets les plus fréquemment récupérés. Le local contient aussi des objets sortant de l’ordinaire comme un bâton de hockey miniature, une pelle pour ramasser de la nourriture en vrac, un globe à neige ainsi qu’un jouet en forme de fusil. Notons que les répliques d’armes sont interdites dans les bagages de cabine.

Les employés de la Maison récupèrent souvent les objets saisis à Dorval. Habituellement, ils reviennent avec une douzaine de bacs à laits remplis. Au dernier voyage, ils en ont rapporté 19, raconte Mélanie Marsolais, directrice générale adjointe et responsable du financement à Victor-Gadbois.

«C’est une surprise à chaque fois. Oui, on peut s’imaginer qu’on oublie un canif au fond de son sac ou un couteau attaché à notre porte-clé. Mais les autres, wow. Tous les objets dont nous ne sommes pas sûrs, nous appelons la régie de police, enchaine-t-elle. Des fois, les objets saisis ont une grande valeur sentimentale et ça nous brise le cœur de voir ça. Des fois, c’est un canif légué d’une génération à l’autre. On voit aussi le nom gravé sur le couteau.»

Source de financement

Les objets saisis représentent une autre source de financement non négligeable pour la Maison Victor-Gadbois. «Ça a commencé il y a plusieurs années alors qu’une de nos bénévoles travaillant à la GRC nous a mis en contact avec les gens de l’aéroport. Nous nous estimons chanceux d’être l’organisme choisi pour récupérer les objets saisis non réclamés», ajoute Mme Marsolais.

La Maison offre les objets en retour de dons. Le montant du don varie du type d’objet. L’organisme sort les objets d’aéroport plusieurs fois par année. Les employés et bénévoles étaient au Mail Montenach la semaine dernière. «Nous faisons plusieurs cafés-rencontres. Nous aimerions aussi que des entreprises qui ont beaucoup d’employés, une centaine, nous appellent et nous pourrions venir sur l’heure du lunch», lance Mélanie Marsolais.

Cette dernière tient toutefois à préciser que les gens ne peuvent venir se procurer directement les objets à la maison Victor-Gadbois; ils doivent attendre les sorties. Il est aussi impossible d’acheter les objets en lot pour éviter que des revendeurs se fassent des profits par la suite dans les marchés aux puces ou par l’entremise des sites internet de petites annonces. «Il y a aussi les collectionneurs qui ont pris l’habitude de nous suivre. Ils arrivent très tôt sur les lieux de nos sorties publiques.»

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