24 janvier 2019
Un projet qui ne fait toujours pas l’unanimité
Par: Denis Bélanger

Pour François Tardif, du Pain dans les Voiles, et Nelly Vidal et Lucie Durand, de l’Eau Vive, toutes les avenues sont ouvertes pour la suite du dossier. Photo Vincent Guilbault | L’Œil Régional ©

Plusieurs résidents de Mont-Saint-Hilaire demeurent inquiets du projet immobilier d’Odacité sur Saint-Georges qui contiendra notamment le Marché Pepin et environ 70 logements locatifs. Ils disent ne pas avoir en main certains éléments et des citoyens ont indiqué au journal qu’ils évalueraient tous les outils possibles pour tenter de freiner et retarder le début du projet.

Les premiers inquiets sont les propriétaires des commerces L’Eau Vive et Le Pain dans les Voiles, qui seront les voisins du bâtiment d’Odacité. Ils ont peur que leur projet vienne nuire considérablement à leurs activités commerciales, notamment en raison des problèmes de circulation. Ils craignent aussi de se faire exproprier deux portions de terrain, dont les cases de stationnement à l’avant du bâtiment. Pour Le Pain dans les Voiles, la perte de ses espaces signifierait sa « mort ». « Mon concept est que le client vient chercher un pain et que je lui donne en quelques minutes; faut que ça se fasse vite. Si le client perd 10 minutes à trouver du stationnement, il ne viendra plus », a commenté l’un des copropriétaires de la boulangerie artisanale, François Tardif.

Les commerçants doivent éventuellement rencontrer les gens de la Ville pour connaître leur proposition. Lors de la séance du conseil du 14 janvier, le maire Yves Corriveau a assuré les propriétaires des commerces qu’ils aimeraient les solutions prévues, sans donner de détails.

Pendant ce temps, les commerçants évaluent toutes les options possibles et ont rencontré d’autres élus ou d’autres politiciens.

Notons que les citoyens peuvent demander à la Commission municipale du Québec d’analyser la conformité de deux projets de règlement reliés au plan particulier d’urbanisme (PPU). Un minimum de cinq demandes doit être envoyé.

Inquiétudes
Des inquiétudes de diverses natures ont été soulevées pendant l’assemblée publique de lundi dernier. Le président de l’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire, Pierre Nault, a tenu à rappeler aux élus la construction de jumelés sur Ozias-Leduc pour illustrer que des surprises peuvent survenir et obliger la Ville à accepter un projet.

Pour sa part, François Perrier a partagé sa crainte que l’hôtel de ville ne soit éventuellement démoli pour faire place à la construction de logements comme le permet maintenant le PPU. De plus, la Ville maintient que l’hôtel de ville est désuet.

Doutes éthiques
D’autres citoyens ont soulevé, dont le fait que le conseiller Émile Grenon Gilbert ait déposé un mémoire dans le cadre du processus consultatif de l’adoption du PPU. « J’ai trouvé que c’était une démonstration supplémentaire de la Ville de pousser le projet. Est-ce que c’est éthique? »
« M. Grenon Gilbert a mis sur papier ce qu’il dit, a répondu le maire Yves Corriveau. À moins que la greffière nous dise le contraire, je ne vois pas le mal. » La greffière Anne-Marie Piérard a ajouté qu’elle n’avait pas analysé cet élément.

De son côté, Henri Gazeau s’est inquiété du fait qu’un ancien directeur du service des communications de la Ville, Pierre Tadros, ait travaillé cet automne pour Odacité. Les représentants de la municipalité ont notamment répondu que Mont-Saint-Hilaire avait adopté dernièrement une réglementation qui empêchait des fonctionnaires municipaux de pouvoir occuper certains types d’emplois où il profiterait d’une information pendant un an après avoir quitté la municipalité. M. Tadros a quitté ses fonctions à la Ville au début septembre 2017, et a travaillé pour Steve Richard, président d’Odacité, de la fin septembre 2018 jusqu’en décembre.

Même si la politique de la Ville avait été en vigueur en 2017, l’ancien fonctionnaire aurait respecté le délai d’un an. Pierre Tadros assure avoir même contacté le Commissaire au lobbyisme du Québec pour s’assurer d’être dans les règles de l’art.

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