22 août 2019
Un plaidoyer pour les chiens au pied de la montagne
Par: Denis Bélanger

Lise Vadnais. Photothèque | L’Œil Régional ©

Lise Vadnais, de Mont-Saint-Hilaire, déplore que les gens ne puissent pas promener leurs chiens sur les sentiers situés au piémont de la Réserve naturelle Gault.

Mme Vadnais a demandé aux élus, lors de la séance ordinaire du conseil municipal de juin, d’étudier la possibilité de permettre la promenade des chiens sur ces terrains qui appartiennent notamment à la Ville. « Nous pourrions revendiquer ce droit. Il faudrait mettre des règles, comme tenir l’animal en laisse, demeurer dans les sentiers et, bien sûr, ramasser les excréments du chien. C’est bon pour tout le monde d’aller promener son chien », dit-elle.

La citoyenne avance que cette interdiction va à contre-courant de ce qu’elle observe ailleurs dans la province. « À l’exception de deux endroits, tous les parcs nationaux le permettent. Je peux comprendre que les chiens soient interdits sur la réserve naturelle. Mais les chiens ne sont pas des prédateurs. On dirait qu’on vient de mettre un règlement at large, sans trop réfléchir parce que c’est plus simple de l’interdire partout. »

Lise Vadnais n’en était pas à une première intervention publique au conseil municipal concernant les chiens. L’Hilairemontaise est la sœur de Christiane Vadnais, cette femme tuée dans sa cour le 8 juin 2016 par un pitbull à Pointe-aux-Trembles. Mme Vadnais a récemment publié le livre Attention chien dangereux, pour raconter son histoire et expliquer sa position par rapport aux pitbulls.

Une demande légitime
Le maire Yves Corriveau rappelle dans un premier temps que la montagne n’est pas un parc national puisque la Réserve naturelle Gault jouit d’un statut de réserve de biosphère de l’UNESCO. « Le Centre de la nature, qui assure l’accès des sentiers, doit appliquer les mêmes règles sur la réserve qu’au piémont. »

L’élu est néanmoins d’avis que la demande de Mme Vadnais est légitime. « Ça pourrait même être logique. Il faudrait voir si nous pouvons faire une exception et comment cela s’appliquerait. »
Permettre l’accès aux chiens sur les terrains situés au piémont est une affaire complexe, comme le fait remarquer Ludyvine Millien, responsable de la conservation et de la géomatique du Centre de la nature.

« Ces terrains au piémont ont un statut de conservation qui découle d’ententes avec le ministère de l’Environnement qui stipulent que des activités sont permises et que d’autres sont interdites. Pour permettre l’accès aux chiens, il faut rouvrir les ententes légales et prendre en considération les enjeux de conservation. Il y a aussi l’acceptabilité sociale, qui n’est pas évidente. Oui, les propriétaires de chiens le veulent, mais est-ce que les autres usagers le souhaitent? Il faut les consulter, et il y a plusieurs autres intervenants à interroger. »

Le journal a tenté d’obtenir un commentaire de l’Université McGill, le propriétaire de la Réserve naturelle Gault, mais le porte-parole David Maneli n’a pas été en mesure de rappeler le journaliste au moment de mettre sous presse.

Pas à court terme
Depuis l’intervention de Mme Vadnais, la Municipalité a effectué ses vérifications, lesquelles ne sont pas encore terminées. C’est ce qu’a rapporté le directeur général de la Ville, Daniel-Éric St-Onge, lors de la séance ordinaire du 2 juillet en réponse à une intervention faite sur le sujet par le conjoint de Mme Vadnais, Jean Vidal. M. St-Onge a ajouté que ce n’était pas un dossier qui se réaliserait à court terme et qu’aucune décision n’avait été prise encore dans un sens ou l’autre. n

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