29 décembre 2020
Un peu d’empathie
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Alerte : éditorial quétaine de Noël. Il y a quelques années, j’ai décidé d’avoir moins d’opinions. En fait, précisons; j’ai décidé d’arrêter d’avoir une opinion sur tout. En fait, d’avoir des opinions plus éclairées.

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Je me porte mieux depuis, surtout dans le crâne, qui commençait à être un peu à l’étroit.
Cette année, mon obsession se résume plus ou moins en une phrase : nous avons probablement plus de choses en commun qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent.

J’ai entendu ça la première fois de la bouche d’une femme du Moyen-Orient (je ne trouve plus la référence). La dame mentionnait à son interlocuteur occidental que, malgré sa religion différente, le port du voile et un tout autre bagage culturel, ses conditions de femme du peuple, travailleuse et mère à la maison faisaient qu’elle ressemblait probablement plus à une femme occidentale de sa même condition, c’est-à-dire une femme du peuple, travailleuse et mère à la maison. Que dans le fond, ce sont souvent nos dirigeants qui se méfient les uns des autres et qui se font la guerre ! Mais que peu importe tes allégeances politiques, tes croyances ou tes valeurs, il reste qu’on se lève le matin pour faire notre journée, gagner notre pain et qu’on espère le mieux pour notre famille. Assez universel.

Nécessairement, ça crée de l’empathie.

Ça me fait penser à cette complotiste sur notre page Facebook que nous avons dû bloquer en raison des théories farfelues qu’elle saupoudrait dans tous les commentaires. Je la connaissais personnellement un peu. Le journal Urbania a même dressé un portrait de la femme au début du confinement.

Sans la nommer ici, je sais que cette femme allait s’éclater aux soirées de tam-tams à Otterburn Park. Déjà, j’ai une chose en commun; je suis moi-même percussionniste. Probablement que dans un party, j’aurais été porté à aller jammer avec elle en prenant un verre. Quand je lisais ses théories sur le prophète Trump (oui, au passé, elle m’a bloqué sur Facebook), je me disais tout de même qu’on se ressemble plus qu’on pourrait penser. Et je pense qu’ultimement, c’est ce qui permettra de faire la différence avec le temps. Je le souhaite.

Si vous avez trois heures, je vous invite à écouter un épisode du balado Amour suprême du chanteur Corneille (sur Apple, Spotify, YouTube, etc.). Le chanteur s’entretient pendant trois heures avec l’auteur et penseur Mathieu Bock-Côté. Une discussion sur l’identité, la souveraineté, l’immigration, la sensibilité. Trois heures entre deux personnes que tout sépare. Pourtant, une des belles discussions civilisées de 2020. Le mot clé, encore une fois, est l’empathie. Le chanteur pense aussi, comme moi, que nous avons plus en commun entre nous que de différences.

Ce sera donc mon mot de Noël. Empathie. Cherchons les liens qui nous unissent au lieu de soulever ceux qui nous divisent. C’est quétaine, mais depuis que je suis papa, je suis comme ça à Noël.
Allez, reste juste une semaine à l’année!

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