22 juillet 2021
Un peu de jeunesse
Par: Vincent Guilbault

Toute transparence : Jonathan est un ami. Mais ce n’est pas pour cette raison que je me réjouis de le voir tenter sa chance à la mairie de Saint-Antoine-sur-Richelieu (page 15). C’est surtout de voir un homme de mon âge briguer le plus haut poste électif de sa ville.

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Oui, c’est purement égocentrique. À l’aube de la quarantaine, j’aime l’idée de voir les gens que j’aurais pu fréquenter à l’école s’intéresser à la politique municipale.

Je ne sais même pas s’il fera un meilleur travail que sa prédécesseure, mais je le sais assez motivé et amoureux de son village pour vouloir lui insuffler un certain dynamisme. Ça me suffit.

Il n’est pas le seul « jeune » à se présenter dans la région. Plusieurs candidats à la mairie et à des postes de candidats à Belœil ont sous la barre des 50 ans; même chose à Otterburn Park, à Mont-Saint-Hilaire et à McMasterville.

Dans une chronique signée par Mario Girard, publiée en mai dernier dans La Presse, on y apprend que beaucoup de jeunes démontrent un intérêt pour la politique municipale. Ce courant est notamment porté par Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin, qui brigue la mairie de Longueuil à l’aube de ses 30 ans.

Il était temps. Même s’ils représentent environ le tiers de la population, les 18-34 ans ont remporté seulement 8,3 % des sièges lors des élections de 2017. C’est une tendance aussi très lourde : ils étaient seulement 8,2 % en 2013, 9 % en 2009 et 8,4 % en 2005. Nécessairement, ça se traduit par des conseils municipaux qui sont teintés par une vision moins jeune, si on veut. La moyenne d’âge des élus était d’environ 54 ans aux dernières élections municipales.

Ce n’est pas nécessairement un mal. Même si les élus de Belœil, par exemple, ne se trouvent pas dans tranche d’âge des 18-34 ans, ça n’empêche pas la Ville de proposer une panoplie d’activités pour les jeunes familles, ou une programmation culturelle éclatée, ou encore des installations sportives pour tous les âges. Une ville est plus que la somme de ses élus. Mais il reste que d’avoir un peu de sang jeune (et neuf) permet peut-être d’obtenir un regard différent sur certains enjeux, comme l’environnement ou l’urbanisme.

Et encore, je ne veux pas pousser le vote vers la jeunesse et me faire accuser d’âgisme. Même s’ils sont plus âgés, la plupart des élus sortants dans la région peuvent se vanter d’avoir fait avancer leur municipalité. Je ne nommerais pas de nom; trop de chance de me faire attaquer sur mon objectivité.
Non, je salue seulement cette jeunesse de vouloir enfin prendre part directement aux décisions en plus grand nombre.

Reste maintenant à convaincre ces jeunes de se pointer aux urnes pour voter. Sans tomber dans les chiffres, les chercheurs constatent depuis les années 1970 que les jeunes sont moins nombreux à voter. Et ce, en raison d’une panoplie de facteurs, que ce soit l’intérêt pour les enjeux, le manque de connaissances dans la politique ou encore une bonne dose de cynisme. Sur ce dernier aspect, avoir des candidats plus jeunes pourrait sûrement aider. Là encore, je suppose.

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