23 avril 2020
Un peu de bon
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

J’y vais un peu dans le billet d’humeur ce matin. Je crois bien que l’anormalité de la situation m’a réellement frappé cette semaine. Ah, j’avais bien remarqué avant. Mais je trouvais un peu de normalité dans ce quotidien confiné et un peu plus compliqué.

Publicité
Activer le son

Ça m’a frappé ce matin en raison de cette chronique. Je peinais à trouver une sujet de discussion. Je me suis promis silencieusement de ne pas parler du virus. Comme moi, certains d’entre vous en ont sûrement marre. Dépassé un point, l’information et l’actualité ne nous rassurent plus, mais nous inquiètent ou nous fatiguent, surtout.
Las, je me cherchais donc un autre sujet. Je vous jure, j’ai vraiment essayé. J’ai pris un crayon et j’ai écrit sur une feuille tous les sujets de la semaine dans le journal.
D’abord la Maison Victor-Gadbois, l’organisme de soins palliatifs qui réussit encore un petit miracle, comme le personnel sait si bien le faire en temps normal. En pandémie, c’est encore plus miraculeux. Pas question de laisser les gens mourir seuls. Parce que la vie continue, scande la maxime de l’organisme. Mais ça reste une histoire de pandémie.
Ensuite, l’histoire de ce prof d’histoire qui innove m’inspirait. Encore une fois, une histoire de pandémie.
L’impact de la COVID sur le marché immobilier;
les élus qui doivent gérer les municipalités différemment;
les artistes en temps de confinement;
les travaux retardés;
la situation dans les CHSLD;
les différents dons aux banques alimentaires;
la saison de hockey à l’eau;
les Jeux du Québec reportés pour ces joueuses de basket.
Je viens de vous résumer le sommaire du journal. Tout est seulement COVID-19. Rien n’est plus normal. Je n’arrive même pas à parler d’autres choses avec les gens. Quoi dire d’autre de toute façon? On se répète que Legault est ben fin, que les travailleurs de la santé sont des anges gardiens, que le président du plus grand pays au monde est un crackpot, qu’on a vu une personne à l’épicerie tousser sur un produit, etc.
Même marcher dans la rue devient flippant. Les gens ne savent pas trop comment gérer le croisement des autres marcheurs. On se sourit presque gênés d’être dehors. Même voir la police me fait un peu capoter. Est-ce que j’ai le droit de marcher ici? Est-ce que ça compte comme un parc ou un espace vert? Est- ce que j’ai le droit de marcher dans les parcs, maintenant que j’y pense?
Puis, on constate l’horreur dans les CHSLD, les résidences et autres ressources intermédiaires. On se dit que ça se rapproche d’ici. Mais bon, je ne termine pas sur une note dépressive. L’actualité nous montre aussi que la crise peut (et doit) faire ressortir le meilleur. Pas pour rien que nous avons publié en page frontispice du journal nos deux histoires positives, celle de la Maison Victor-Gadbois et celle de cet enseignant qui utilise les jeux vidéo pour complémenter son cours. Deux initiatives qui n’auraient peut-être pas vu le jour sous cette forme sans la crise. Ça fait au moins ça de bon!

image