29 septembre 2021
Participation au recueil « Les petits mystères à l’école »
Un « petit polar » par Isabelle Lafortune
Par: Olivier Dénommée
La Belœilloise Isabelle Lafortune a fait une brève incursion dans la littérature jeunesse en participant au recueil de nouvelles « Les petits mystères à l'école », paru au début du mois. Photo François Larivière | L'Œil Régional ©

La Belœilloise Isabelle Lafortune a fait une brève incursion dans la littérature jeunesse en participant au recueil de nouvelles « Les petits mystères à l'école », paru au début du mois. Photo François Larivière | L'Œil Régional ©

Le premier roman de la Belœilloise Isabelle Lafortune, Terminal Grand Nord, continue de susciter l’intérêt plus de deux ans et demi après sa parution. L’auteure travaille notamment sur une suite à ce polar à succès situé à Schefferville et sur une adaptation au cinéma, mais elle a aussi trouvé le temps de faire une petite incursion dans l’univers de la littérature jeunesse. On peut depuis peu lire une nouvelle littéraire adressée aux jeunes de 8 à 10 ans dans le recueil Les petits mystères à l’école, publié aux Éditions Druide.

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Les petits mystères à l’école, sous la direction de Richard Migneault, regroupe les textes de 14 auteurs, incluant Lou Beauchesne, François Bérubé, Dominique Demers, Martine Latulippe, Émilie Rivard, Gilles Tibo et Catherine Trudeau. « C’est un bébé collectif », résume Isabelle Lafortune, qui a été approchée par Richard Migneault pour participer à l’écriture du troisième tome de la collection des « Mystères à l’école ». « Je n’avais jamais écrit pour les enfants; j’ai aimé relever ce petit défi! L’histoire m’est venue assez rapidement : je suis partie d’une histoire qui est arrivée à l’école de ma fille à l’Halloween et je me suis laissée inspirer », raconte-t-elle au sujet de sa nouvelle relatant l’histoire de deux garçons qui cherchent leur enseignante sur l’heure du dîner. À sa façon, « La disparition de madame Anne » est un « petit polar » accessible au jeune public.

« J’aime l’univers des enfants, leur naïveté. J’ai essayé de traduire ça dans ma nouvelle », raconte l’auteure, qui a fait appel à ses jeunes voisins de 7 à 10 ans pour voir ce qu’ils en pensaient. « Ça a passé le test », se félicite Isabelle Lafortune, qui a maintenant bien hâte d’entendre les commentaires des lecteurs qui se procureront le recueil.

Fait à noter, la première nouvelle du recueil est signée par Richard Migneault, qui a pris des éléments de toutes les autres histoires pour écrire la sienne. Les jeunes lecteurs pourront donc aisément retrouver des clins d’œil en lisant les autres nouvelles. « C’est un beau flash de sa part », souligne la Belœilloise, précisant que Les petits mystères à l’école renferme des histoires tantôt plutôt rigolotes comme la sienne, tantôt plus profondes, comme celle de Gilles Tibo. Elle note aussi que, même si elles ne se sont pas consultées, la nouvelle de Dominique Demers et la sienne se complètent presque parfaitement.

Le recueil Les petits mystères à l’école est en librairie depuis le 8 septembre. C’était une première saucette dans la littérature jeunesse pour Isabelle Lafortune, mais probablement pas la dernière comme elle a eu beaucoup de plaisir à redevenir elle-même une enfant dans le cadre de son écriture.

Terminal Grand Nord, la suite
Lors de sa précédente entrevue avec L’Œil Régional, en janvier 2019, Isabelle Lafortune était loin de se douter qu’elle connaîtrait un tel succès avec Terminal Grand Nord, qu’elle s’apprêtait à lancer. Plusieurs critiques élogieuses, nominations, prix et réimpressions plus tard, elle remercie la vie. « Il y a tellement de bons livres qui sortent, et j’étais une inconnue dans le paysage littéraire! Jamais je n’aurais pensé remporter des prix et être dans le cœur d’amateurs de littérature avec ce premier roman. J’étais mûre pour l’écrire et il est arrivé exactement au bon moment », commente-t-elle.

Le projet d’amener Terminal Grand Nord au grand écran serait aussi en voie d’être concrétisé, assure-t-elle. « On devrait déposer le scénario très bientôt. Étant moi-même l’auteure, je me suis permis bien des choses en l’adaptant en film. L’histoire reste fidèle au livre et les gens vont s’y reconnaître, mais ils seront aussi surpris… Disons que c’est une adaptation assez singulière que je fais de mon propre livre! » Isabelle Lafortune espère ainsi éviter les commentaires voulant que « le livre était meilleur », en proposant deux créations assez différentes. La réalisation du film est confiée à Jeanne Leblanc (5e Rang). La production devrait aller de l’avant sous peu, espère l’auteure.

Parallèlement, elle travaille sur une « suite sans être une suite » de Terminal Grand Nord, dont les 100 premières pages étaient déjà écrites au moment de l’entrevue. « J’avais laissé quelques fils traîner dans le premier livre… On va les nouer dans le deuxième! », laisse entendre celle qui est retournée sur la Côte-Nord cet été et qui en est revenue avec un ardent désir de faire connaître la réalité de cette région reculée du Québec. « Je crois que les gens ont apprécié le portrait social de la région que je faisais dans Terminal Grand Nord. Je vais y aller à fond la caisse dans le prochain livre parce qu’il reste un paquet de choses qui s’y passent dont on n’a pas conscience! »

L’auteure admet que son dernier voyage a éveillé sa « fibre militante » et espère que son prochain roman, même s’il demeure une fiction, fera lever quelques « drapeaux rouges » quant à certaines réalités de la région, tout en racontant une histoire aussi bonne, sinon meilleure, que Terminal Grand Nord. L’avenir dira si elle réussit son ambitieux pari.

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