21 janvier 2021
Bestiaire de la Route touristique du Richelieu
Un parcours de 15 sculptures-fenêtres le long du Richelieu
Par: Olivier Dénommée
Beloeil.

Beloeil.

Otterburn Park

Otterburn Park

Saint-Charles-sur-Richelieu

Saint-Charles-sur-Richelieu

Saint-Denis-sur-Richelieu

Saint-Denis-sur-Richelieu

Saint-Jean-Baptiste

Saint-Jean-Baptiste

Une quinzaine d’œuvres d’art ont fait leur apparition dans la région au courant de l’automne, en bordure de la rivière Richelieu. Ces « sculptures-fenêtres » créées par l’Hilairemontais André Michel forment ensemble le Bestiaire de la Route touristique du Richelieu, des sculptures animalières minimalistes qui mettent en valeur la région dans le cadre de l’ambitieux projet du Musée des beaux-arts de Mont-Saint- Hilaire (MBAMSH) de créer un véritable musée de sculptures à ciel ouvert le long de la rivière.

Publicité
Activer le son

Ce Bestiaire est la phase 2 du projet qui a démarré avec la série de sculptures installées à Sorel-Tracy en 2017-2018 et voit apparaître 15 sculptures épurées de Saint-Ours à Saint-Jean-sur-Richelieu en passant par Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint-Antoine-sur-Richelieu, Saint-Charles-sur-Richelieu, Saint-Marc-sur-Richelieu, Saint-Mathieu-de-Belœil, Saint-Jean-Baptiste, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Belœil, McMasterville, Saint-Basile-le-Grand, Carignan et Chambly.

Cette phase a été initiée en 2019 et a été réalisée par le peintre-sculpteur André Michel au courant de la dernière année. « Ça a été assez rapide, mais ça aurait pu l’être encore plus s’il n’y avait pas eu la pandémie! Le projet s’est dans l’ensemble bien déroulé, sans accroc majeur. Initialement, je devais faire 13 sculptures, mais deux municipalités qui ne bordent pas la rivière ont demandé à en avoir une aussi », relate l’artiste. Le but avoué du Bestiaire est que les municipalités « s’approprient » les œuvres et les mettent en valeur en plus de mettre de l’avant la beauté de cette route touristique. M. Michel cite Saint-Jean-Baptiste en exemple, qui a décoré sa sculpture de chevreuil d’une couronne durant la période des fêtes. « J’ai trouvé ça extraordinaire. C’est leur œuvre maintenant, ils la font vivre! J’aimerais que chaque municipalité fasse un petit aménagement comme ça et je sais que plusieurs sont en train de le faire. »

Fenêtre sur la région
Ces sculptures-fenêtres frappent par leur minimalisme élégant. « En créant ces œuvres, j’ai voulu mettre en valeur la rivière et faire comme de la dentelle en dessinant les animaux. Les sculptures en aluminium sont dans un cadre doré, comme un cadre qu’on verrait dans un musée, et l’œuvre laisse passer la lumière, ce qui donne un résultat différent selon le moment de la journée et la météo. » Artiste perfectionniste, André Michel a été jusqu’à faire fabriquer à Toronto la couleur exacte qu’il souhaitait pour le cadre des sculptures animalières. Artiste bien connu pour son implication depuis 50 ans à faire découvrir les communautés autochtones, André Michel avait aussi en tête de faire un lien implicite avec la « Terre-Mère », la fabuleuse nature qui nous nourrit au quotidien.

Quant au choix des animaux qu’on retrouve dans le Bestiaire, il n’est pas non plus laissé au hasard. Et pas juste pour les animaux qui s’imposaient d’eux-mêmes comme l’ours à Saint-Ours et la loutre à Otterburn Park! « Le poisson est à Saint-Charles parce que c’est là qu’on trouve le plus de chevaliers cuivrés. Et à Saint-Jean-Baptiste, on retrouve beaucoup de chevreuils », explique l’artiste. C’est le Centre de conservation de la nature de l’Université McGill qui a fait les liens entre les animaux et les municipalités. À noter que chaque œuvre est accompagnée d’un panneau d’information qui explique le choix de l’animal en question, l’historique du nom de la municipalité et l’explication de ce qu’est la Route touristique du Richelieu et le Musée de sculptures à ciel ouvert du Richelieu. Le projet affilié au MBAMSH a été rendu possible grâce à la MRC de la Vallée-du-Richelieu, Tourisme Montérégie et le ministère du Tourisme.

Dans les circonstances de la crise sanitaire, l’inauguration n’a pas pu avoir lieu à l’automne, mais elle pourrait avoir lieu au printemps si la situation s’améliore. Malgré tout, André Michel n’entend que des échos positifs de ses dernières créations. « Plusieurs personnes m’ont écrit pour me faire savoir qu’elles avaient parcouru tout l’itinéraire pour voir les 15 sculptures », relate-t-il, souriant.

Jamais deux sans trois
La phase 2 du Musée de sculptures à ciel ouvert est maintenant complétée, mais la Route touristique du Richelieu est longue et des discussions sont déjà en cours entre M. Michel et les MRC impliquées pour une éventuelle phase 3 au projet. « Ça serait dans le même esprit [que le Bestiaire] et ça pourrait se rendre jusqu’à la frontière américaine, à Lacolle, possiblement d’ici 2022. J’aimerais voir des œuvres d’art tout le long de la rivière Richelieu, ce qui en ferait le plus grand musée de sculptures à ciel ouvert au monde. »

Pandémie ou pas, l’année 2021 risque donc d’être bien occupée pour l’artiste de Mont-Saint-Hilaire.

image