23 avril 2021
Propriétaire d’une jeune compagnie d’aviation
Un Otterburnois survit à la turbulence de la COVID-19
Par: Denis Bélanger

Ghislain Buisson

Pendant que la pandémie clouait plusieurs avions au sol le printemps dernier, le résident d’Otterburn Park Ghislain Buisson investissait des milliers de dollars pour accroître l’offre de service de sa jeune entreprise d’aviation de brousse, Québec Aéronature. Le jeu en aura finalement valu la chandelle, selon le pilote, qui estime d’ailleurs pouvoir embaucher deux employés cette année.

Publicité
Activer le son

Comptant près de 5000 heures de vol, M. Buisson a quitté son poste chez Air Canada Express en 2018 pour démarrer sa petite entreprise. « C’était un projet que je voulais faire depuis longtemps. J’avais, il y a plusieurs années, une école de pilote en France. J’ai quitté Air Canada aussi pour être plus près de la famille. J’allais comme pilote vers les États-Unis. À un certain moment, j’étais aussi basé à Sept-Îles. »

Il a choisi d’opérer ses activités à l’aérodrome de Saint-Mathias-sur-Richelieu puisque c’est une destination de choix pour les avions de brousse. « L’hiver, je mets des roues ou des skis aux appareils. Mais l’été, j’installe les flotteurs et les avions sont amarrés sur la rivière Richelieu de l’autre côté. C’est aussi proche de la maison. De plus, c’est petit comme aérodrome. »

Au départ, M. Buisson réservait ses appareils à la formation et il ne pouvait transporter avec lui que des pilotes certifiés. Afin de pouvoir transporter des passagers pour faire des tours ou les amener à des chalets, Ghislain Buisson se devait d’obtenir entre autres la certification de Taxi aérien. Il a commencé les démarches à cet effet en février 2020, avant le début de la crise sanitaire au Québec. « Le printemps dernier, j’avais l’impression d’aller un peu à contrecourant. J’ai eu aussi peur un moment donné de la faillite, mais heureusement, il y a eu l’aide du gouvernement. »

Un an plus tard, Québec Aéronature a obtenu sa certification de Taxi aérien et a ajouté un appareil à sa flotte qui compte maintenant trois avions. « C’est donc un petit exploit, cette réalisation, et surtout un message d’espoir à l’heure où tant de compagnies aériennes sont en difficulté et où tant de pilotes se retrouvent sans emploi. C’est aussi le résultat de beaucoup de travail. »

Ghislain Buisson a bon espoir pour son entreprise. « J’ai vu que le domaine des loisirs n’a pas été tant touché l’an dernier alors qu’on voyait, à titre d’exemple, plein de bateaux. Nous étions deux employés l’an dernier et nous devrions être quatre cette année. »

Notons qu’avant de se lancer en affaires, M. Buisson n’avait jamais possédé son propre avion depuis son arrivée au Québec. « En France, j’en ai construit un. J’avais 25 ans, mais pas d’argent. J’ai fait plus de 1000 heures d’instruction avec cet appareil. »

image