19 juin 2020
Un insecte nuisible aux abeilles importé dans la région
Par: Sarah-Eve Charland

Le petit coléoptère de la ruche est un insecte qui nuit à la production de miel. Photo Pixabay

Un insecte nuisible à la production de miel a été détecté dans la région depuis le début du mois de juin par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Un fournisseur de la Vallée-du-Richelieu aurait importé un chargement de ruchettes de l’Ontario sans autorisation.

Publicité
Activer le son

La nouvelle a été dévoilée par La Presse la semaine dernière. Le MAPAQ ne peut commenter des cas en particulier en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Le Ministère a tout de même confirmé qu’un insecte fortement suspecté d’être un petit coléoptère de la ruche (PCR) a été récolté par un inspecteur du MAPAQ le 31 mai dans la Vallée-du-Richelieu. Le 3 juin, l’insecte a été confirmé par le laboratoire d’entomologie du MAPAQ.

Selon La Presse, l’entreprise qui aurait importé ces ruchettes serait Propolis-etc, située à Saint-Mathieu-de-Belœil. L’ŒIL a tenté de joindre l’entreprise, mais n’avait pas eu de retour au moment de mettre sous presse.

À ce moment, la majorité des ruchettes du chargement avaient été distribuées à des acheteurs de partout au Québec, créant ainsi un risque de propagation à travers la province. De plus, l’insecte peut voler au-delà de 10 kilomètres et étendre sa dispersion.

Le Ministère a saisi les ruchettes présentes sur les lieux. Selon le porte-parole du MAPAQ, Yohan Dallaire, le MAPAQ met en œuvre les activités de retraçage et de surveillance ainsi que les mesures de biosécurité et de contrôle appropriées pour réduire les risques que les PCR disséminent d’autres ruchers.

Le MAPAQ a émis un avis de vigilance auprès des apiculteurs. Ceux de la Montérégie, près du site de distribution, ont été encouragés à installer des pièges.

Un insecte ravageur

Le PCR est un insecte ravageur originaire de l’Afrique du Sud. Il est retrouvé notamment dans le sud de l’Ontario et dans les États américains au sud du Québec. Il peut causer d’importants dommages sur les récoltes de miel. Il vit dans la ruche aux stades larvaire et adulte. Les larves creusent des tunnels dans les cadres de miel et de pollen, ce qui provoque l’écoulement du miel à l’extérieur de ces cadres. Les excréments des PCR amènent le miel à fermenter et s’y dégage une odeur d’orange pourrie. Le parasite a peu d’impact sur la santé des abeilles, mais occasionne des pertes économiques sur la récolte des apiculteurs.

Le PCR est considéré comme une « maladie » à déclaration obligatoire au Québec, souligne le MAPAQ. Selon le Ministère, le PCR s’est introduit à quelques rares occasions au Québec, en provenance des États-Unis et du Nouveau-Brunswick, mais des activités de contrôle et de surveillance ont permis de limiter sa propagation.

Le Ministère rappelle que toute situation concernant la santé et le bien-être des animaux peut être dénoncée en toute confidentialité en communiquant avec le MAPAQ au 1 844 264-6289.

La fédération des Apiculteurs et Apricultrices du Québec s’est montrée très inquiète de la situation dans une brève réponse à L’Œil Régional. Dans un communiqué transmis aux membres, le président Stéphane Leclerc abonde dans le même sens. « Depuis plusieurs années, de concert avec le MAPAQ, nous avons mis l’accent sur l’importance de contrôler le transport et les importations d’insectes sur notre territoire. Malheureusement, une erreur de jugement de la part d’un fournisseur apicole vient de compromettre les efforts déployés par plusieurs intervenants. »

image