12 décembre 2018
Deux intervenantes invitent les femmes enceintes à la prudence
Un groupe antiavortement publicise une «ligne-conseil»
Par: Vincent Guilbault
La carte «Enceinte et inquiète» propose un service de soutien associé à un groupe antiavortement. Photo: Gracieuseté

La carte «Enceinte et inquiète» propose un service de soutien associé à un groupe antiavortement. Photo: Gracieuseté

Jessica Boutin, intervenante au Centre de femmes l’Essentielle, et Mélodie Georget, la ressource-famille de la Table de concertation en petite enfance, veulent mettre en garde la population contre un groupe antiavortement qui affiche ses services de consultations pour les femmes enceintes de la région.

Jeudi dernier, Mélodie Georget a fait parvenir au journal une photo d’une carte professionnelle d’un groupe de soutien qui invite les femmes enceintes et inquiètes de leur état à les contacter pour obtenir du soutien et de l’aide. Toutefois, la femme en détresse qui contacte le numéro de téléphone ou se rend sur le site internet est plutôt prise en charge par le groupe chrétien antiavortement CampagneQuébec-vie.
Avant de prendre en photo la carte sur le babillard d’une épicerie de Belœil, Mme Georget en avait déjà arraché quelques-unes sur d’autres babillards de la région, comme au centre communautaire de Belœil, dans des restaurants et dans une pharmacie. «Au début, je les enlevais en me disant que c’était une forme d’anachronisme. Mais là, ça devient inquiétant. Si une femme est vraiment enceinte et inquiète et qu’elle appelle, elle va se faire raconter n’importe quoi.»
Le problème avec le marketing du groupe CampagneQuébec-vie, c’est qu’il donne l’impression d’offrir un service de soutien psychologique, alors qu’il s’agit d’abord d’un groupe idéologique. «Ils disent vouloir offrir un service d’aide et des conseils, mais leur idée est déjà faite. Ce n’est pas un service-conseil objectif. Moi, comme intervenante, si une femme m’appelle, je vais en parler avec elle, mais elle peut décider ce qu’elle veut. Alors qu’eux, ils [disent] que l’avortement, c’est mal, que ça peut rendre dépressif, que c’est un vrai enfer. Ils ne sont pas neutres.»
Le site internet du groupe est rempli de désinformation, insiste Mme Georget. Dans le texte d’introduction du site internet, note-t-elle, on parle d’enfant tué, de douleur, de détresse psychologique et de complexité de l’intervention. Toutes des informations fausses et nuisibles que les filles et les femmes qui se questionnent sur la pertinence d’une grossesse n’ont vraiment pas besoin d’entendre afin de pouvoir prendre la meilleure décision pour elles, dit-elle.
«L’avortement n’est pas un crime et les femmes qui y ont recours n’ont aucune culpabilité à avoir. C’est déjà bien assez de prendre une décision responsable sans se faire raconter n’importe quoi», soulignent Mme Georget et Mme Boutin.
Les deux intervenantes invitent les femmes qui se questionnent sur leur grossesse à contacter une ressource neutre pour demander conseil. Il est possible de rencontrer un intervenant au CLSC, par exemple, ou auprès d’un organisme comme le Centre de femmes l’Essentielle (450 467-3418) ou à la Ressource-famille de la Table de concertation en petite enfance (514 503-5904).

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