13 décembre 2019
Un enseignant intègre la programmation dans sa classe
Par: Sarah-Eve Charland

François Lake-Héon. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

L’enseignant François Lake-Héon, résident de Belœil, a choisi d’intégrer la technologie d’une tout autre manière auprès de ses élèves de 5e année du primaire. Il inculque des notions de programmation afin de préparer ses élèves aux métiers du futur.

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La technologie a intégré peu à peu les écoles du Québec. Tout d’abord avec les tableaux blancs interactifs il y a une dizaine d’années. Alors que certains les utilisaient comme un remplacement au tableau vert, François Lake-Héon y voyait un grand potentiel.

Il y a environ cinq ans, les iPad ont été ajoutés dans les classes de 5e et 6e année du primaire à son école. Avec l’orthopédagogue et une enseignante de 6e année, il a développé un cours sur la programmation. Une enseignante de la classe mixte de 5e et 6e année s’est jointe à l’initiative l’année suivante.

« On voyait le potentiel de cet outil. On a beaucoup réfléchi à comment cet outil pouvait être bénéfique sur le plan pédagogique. […] L’objectif est de rendre les élèves autonomes. On ne sait pas ce qui les attendra dans 20 ans. On peut leur donner des outils qui vont leur permettre d’être à l’avant-garde d’une job qu’on ne connaît pas encore », affirme l’enseignant à l’école primaire L’Arpège à Sainte-Julie.

M. Lake-Héon utilise l’application Swift Playgrounds. « L’application fonctionne comme le vrai code. Toutes les applications iOS [système d’exploitation de Apple] sont montées à partir du même code que Swift. Tous ceux qui font du développement d’application pour Apple utilisent ce même langage. C’est un langage réel. On tombe dans la vraie logique de la programmation. »

Cette initiative a permis à l’enseignant d’obtenir le titre d’Apple distinguished educator parmi les 2500 personnes ayant le même titre dans le monde, dont une trentaine au Québec. Il a été aussi sélectionné pour faire partie de la vidéo promotionnelle d’Apple lancée il y a quelques semaines afin d’inciter les enseignants à utiliser les outils de l’entreprise dans leur cours.

« La programmation est un langage supplémentaire qu’on leur apprend. Plus tard, un plombier va peut-être créer une application pour sa facturation. Une personne en psychologie va peut-être faire développer une application pour ses besoins. Et bien, elle va comprendre le programmeur. La technologie prend tellement de place qu’on n’a plus le choix de s’outiller. Est-ce que tous les élèves deviendront des programmeurs? Non, mais ce n’est pas le but. »

Dès la maternelle, les élèves commencent à travailler avec la robotique. Les robots deviennent de plus en plus complexes au fil des années. « J’ai hâte de voir ceux en maternelle qui ont commencé la robotique quand ils vont être en 5e année du primaire. […] L’année dernière, j’ai eu un de mes élèves qui est à la limite de créer lui-même une application. Un élève m’a dépassé. Je trouve ça merveilleux », s’exclame-t-il.

La programmation permet de développer plusieurs compétences, poursuit-il. Elle permet de travailler les mathématiques, la lecture et même l’anglais, entre autres choses.

« Les différentes applications aident les élèves à faire des choses qu’ils ne feraient pas autrement. On leur montre qu’un iPad devient un outil de travail. L’élève voit tout de suite le résultat. Il n’y a pas qu’une façon d’arriver [ à un objectif de programmation]. Après, on discute ensemble des différentes façons. »

La Semaine de l’enseignement informatique et la Semaine Canada en programmation se déroulent du 9 au 15 décembre.

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