23 février 2018
Un défi pour faire bouger les filles
Par: Karine Guillet

Le défi vise à renforcer la relation qu'entretiennent les filles avec le sport. photo: Pixabay

L’école secondaire Polybel veut inciter les jeunes filles à intégrer l’activité physique à leur quotidien. Pour relever ce défi, Polybel se joint cette année à un organisme dont la mission est de faire retomber les filles en amour avec le sport.

C’est l’enseignante d’éducation physique Marie-Josée Sévigny qui a décidé cette année d’inscrire son école au programme Filleactive. Fondé en 2007, l’organisme propose un véritable programme d’activités physiques variées s’étirant de huit à dix semaines pour initier les jeunes filles du secondaire au plaisir de bouger. L’organisme propose aussi des conférences d’ambassadrices et, le point culminant, une journée de célébration au parc Maisonneuve.

Il n’y a pas de compétition ni d’obligation d’entrainement minimal pour les jeunes filles. Concrètement, le programme mise sur une diversité d’entrainements dont le but principal est de s’entraîner en groupe, pour le plaisir. «On ne veut pas que les filles sentent de la pression. Le but est de se fixer des objectifs atteignables et d’essayer différentes sortes d’activités», explique l’enseignante.

À Polybel, cinq enseignantes et deux techniciennes en éducation spécialisée ont décidé de se joindre au défi. Ensemble, elles animeront des ateliers variés d’environ 30 minutes tous les jours impairs. Le groupe mise d’ailleurs sur l’effet de surprise pour convaincre les participantes d’être au rendez-vous. Pour ne pas pénaliser les élèves qui habitent plus loin, les activités se dérouleront le midi. Les enseignantes prendront les présences, mais Mme Sévigny souligne que les filles ne seront pas pénalisées pour un retard ou une absence.

Le sport et les filles

La relation qu’entretiennent les filles avec le sport est étudiée depuis de nombreuses années. En 2011, l’Enquête québécoise auprès des jeunes du secondaire relevait qu’une plus grande proportion de filles que de garçons étaient sédentaires. Selon Filleactive, une fille sur deux abandonne l’activité physique à l’adolescence, de telle sorte qu’à la fin du secondaire, seulement 4 % des jeunes Canadiennes bougent à raison de trois fois par semaine, soit la norme canadienne.

Pourquoi les filles sont-elles plus nombreuses à délaisser le sport? Mme Sévigny constate de son côté que les élèves féminines s’imposent souvent des barrières, alors qu’elles hésitent à se joindre aux garçons, par peur du jugement ou d’être moins acceptées. Elle estime que les filles abandonnent le plus souvent la pratique d’activités physiques parce qu’elles n’y trouvent pas de plaisir.

Un bilan réalisé par Kino-Québec sur l’activité physique et sportive des adolescentes notait également que les filles seraient moins enclins à participer à des activités physiques si elles ne se jugent pas compétentes. Le stress lié à la performance devant les pairs et l’enseignant a aussi une incidence, tout comme le manque de variété et l’inconfort lié au manque de temps pour se changer ou prendre une douche.

L’école déjà concernée par les jeunes filles

À Polybel, l’école avait déjà entrepris des actions pour encourager les filles à bouger davantage. Alors que l’école jouit d’une salle de musculation neuve, l’enseignante d’éducation physique constatait que peu de filles l’utilisaient en présence de garçons. L’école a donc décidé de donner l’accès exclusif aux jeunes filles, une journée par cycle. L’école met aussi à la disposition des filles un local spécialement dédié où elles peuvent y pratiquer les activités qui leur plaisent sur l’heure du midi. La mesure a vite fait son chemin. «Plein de filles se sont mises à s’entraîner. Même si elles ne viennent que dix ou quinze minutes, au moins, elles bougent», constate l’enseignante.

«Les filles ont hâte»

Pour promouvoir davantage le sport chez les filles, la Fondation Polybel a d’ailleurs donné 2000 $ pour aider à défrayer les coûts d’inscription. Les participantes devront donc débourser seulement 20 $ pour s’inscrire. Les inscriptions pour le défi vont d’ailleurs bon train, alors que 75 filles, dont de nombreuses élèves de première secondaire, ont déjà rempli le formulaire. Les enseignantes participantes ont d’ailleurs convaincu leurs autres collègues féminines de se joindre aux activités lorsqu’elles seront disponibles. Déjà, Mme Sévigny est convaincue de pouvoir convaincre les jeunes filles à intégrer le sport à leur horaire. «Je suis convaincue que ça aura même un impact sur le décrochage scolaire», dit-elle.

Le défi est ouvert aux filles de tout âge. Les intéressées peuvent s’inscrire auprès de Marie-Josée Sévigny jusqu’au 28 février.

image