28 juin 2016
Un CLSC Ami des bébés transforme sa salle d’allaitement en bureau
Par: Karine Guillet
Ami des bébés depuis 2007, l'établissement doit, entre autres, conserver un taux d'allaitement de 75%.

Ami des bébés depuis 2007, l'établissement doit, entre autres, conserver un taux d'allaitement de 75%.

SANTÉ. Une salle d’attente bondée et une absence d’alternative ont forcé une maman de Belœil à quitter le CLSC des Patriotes pour allaiter son bébé chez elle. Le CLSC, pourtant «Ami des bébés», a reconverti la salle d’allaitement en un bureau pour deux infirmières.

Dominique Bournival s’est présentée au CLSC en compagnie de ses trois enfants le 10 juin dernier. Lorsqu’elle a demandé à l’infirmière où elle pourrait allaiter, celle-ci lui aurait répondu qu’aucun local n’était disponible lors de sa visite étant donné que les locaux étaient utilisés pour la vaccination cette journée-là. Devant une salle d’attente très occupée et inadaptée, la maman de quatre enfants a préféré quitter le CLSC pour donner le sein à la maison.

Le CLSC des Patriotes abrite pourtant une Clinique du nourrisson, dont l’un des objectifs est de «protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel».

«Ce qui est déplorable, c’est qu’il y a beaucoup d’incitatifs pour l’allaitement, la salle d’attente en est placardée. Mais il n’y a aucun endroit propice pour le faire. J’étais avec d’autres enfants; allaiter dans une salle d’attente pendant que mes enfants tourbillonnent alentour, ce n’est vraiment pas l’idéal.»

D’autres mamans du groupe dont fait partie Mme Bournival ont également vécu une situation similaire, indique la maman. «Il y en a qui sont allées allaiter dans leur voiture, pour être tranquilles», raconte-t-elle.

 

Des salles disponibles au besoin

La porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux Montérégie-Est, dont fait partie le CLSC, Magali Dupont, confirme que le CLSC n’a actuellement pas de local dédié à l’allaitement. L’arrivée de deux infirmières praticiennes spécialisées au CLSC a forcé le réaménagement des lieux.  

Selon Mme Dupont, le CLSC respecte tout de même le programme IAB puisque les réceptionnistes ont reçu la directive de diriger les mamans qui souhaitent allaiter vers deux locaux, disponibles à cette fin, lorsque nécessaire. Mme Bournival soutient toutefois que l’infirmière qu’elle rencontrait ne lui a jamais proposé d’alternatives.

Elle dit d’ailleurs avoir parlé avec des infirmières qui lui auraient dit avoir demandé des mesures d’accommodement après la perte d’une salle dédiée à l’allaitement. Ces mesures, parmi lesquelles figurait l’installation d’un paravent dans la salle d’attente pour les mamans, n’ont pas été retenues selon Mme Bournival.

Le syndicat des professionnelles en soin de la santé Richelieu-Yamaska, affilié à la Fédération des infirmières du Québec (FIQ), n’a toutefois pas pu confirmer que les infirmières du CLSC avaient demandé des mesures d’accommodement.

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