2 août 2017
Nouvellement installé à Belœil
Un centre des arts du cirque unique sur la Rive-Sud
Par: Karine Guillet
Benoit Lefebvre en compagnie de Claire Primeau. Photo : François Larivière

Notre journaliste a fait l'essai du trapèze volant. Photo:François Larivière

Benoit Lefebvre est l'artiste derrière Cirko.  photo: François Larivière

Armé de son trapèze volant, Benoit Lefebvre souhaite démocratiser les arts du cirque. Nouvellement installé dans le quartier industriel de Belœil, son centre récréatif des arts du cirque Cirko offre à petits et grands une expérience unique sur la Rive-Sud de Montréal.

Cirko se concentre principalement sur les arts volants du cirque comme le trapèze volant, trapèze fixe et tissus aériens. La mission première de Benoit Lefebvre est avant tout de démystifier l’imposante image que dégage la pratique du trapèze volant.

«L’objectif d’ici c’est de rendre accessibles les arts du cirque. Le Cirque du Soleil a un peu révolutionné le cirque avec ses figures et ses appareils. Mais ces appareils-là sont accessibles. On travaille avec ça, mais on n’embarque pas dessus sans être attachés et avoir des éducatifs. Mais à partir de là, si je suis capable, toi aussi tu l’es.»

L’art du jeu

Benoit Lefebvre vit une longue histoire d’amour avec les arts du cirque depuis qu’il a 18 ans. Au départ amuseur public, il a décidé de faire du cirque une carrière au retour d’un voyage sur le vieux continent. Un art dont il aime notamment le côté ludique et l’esprit de communauté qui s’y forme.

«Dans la vie, j’ai toujours été un performeur. J’ai commencé par le hockey plus jeune, mais mon trip n’était pas de faire des buts, mais de voir ce que je pouvais faire avec la rondelle. […]C’était toujours de trouver ou de devenir l’extension de l’objet. Quand je suis arrivé dans le cirque, la table n’était plus une table. Que veux-tu faire avec? Des culbutes, parfait. Tout devenait un jeu.»

Il a commencé par enseigner la jonglerie avant de se développer une passion pour les arts aériens. Il a ensuite enseigné le trapèze volant, monté des spectacles et aidé les autres à décrocher des auditions. «J’ai un bagage beaucoup plus de formateur que d’un artiste. Ma grosse force, c’est d’amener les gens à se dépasser et à rendre ça accessible», explique-t-il.

Unique

Le projet est le fruit d’une longue démarche de dix ans. Le propriétaire a commencé les démarches avec le CLD en 2007 qui n’avait pas abouti faute de financement. En 2016, il a réussi à avoir des subventions et a condensé le projet.

C’est un centre unique sur la Rive-Sud, puisque les trois entreprises offrant des cours de trapèze volant sont présentement situées à Montréal, Laval ou Québec. Ouvert depuis un mois et demi, le propriétaire sent déjà qu’il suscite un engouement. «Je sens qu’il y a un buzz qui vient. C’est le côté unique de l’appareil (le trapèze volant) qui fait que les gens viennent», explique Benoit Lefebvre.

L’entreprise offre des cours de groupe aux adultes et aux enfants, mais aussi des camps de jour pour enfants, où ceux-ci sont invités à apprendre la gymnastique, les différents trapèzes, le tissu aérien et la jonglerie. Il met aussi ses installations au service de fêtes d’enfants et d’événements corporatif. Il aimerait d’ailleurs travailler à développer ce dernier volet.

Pour les intéressés, l’entreprise tiendra des portes ouvertes le 19 août, dès 10h.

 

Testé par l’Œil Régional

Quand on entre chez Cirko, on ne peut s’empêcher d’être impressionné par l’imposante structure dédiée au trapèze volant qui trône au milieu du local. C’est encore plus vrai quand on a le vertige.

«Ça semble plus haut que ce ne l’est vraiment. La sensation de vertige disparaît lorsqu’on est sur le trapèze», me rassure d’entrée de jeu le propriétaire.

On nous montre d’abord comment saisir le trapèze et comment effectuer le saut de départ. Un élève plus expérimenté nous montre la figure de base; se pendre à la barre par les jambes, alors que les mains se tendent, comme pour aller toucher le filet de sécurité en bas. Après la démonstration, on saute directement à la partie pratique.

Tout au long de la session, les deux instructeurs (un en haut du trapèze et l’autre en bas) se font très rassurants. Ils prennent le temps de parler à chaque élève et l’accompagnent tout au long de son expérience sur le trapèze. Quant au vertige, le plus épeurant consiste en fait à s’y rendre, car une fois dans les airs, on finit par se concentrer sur l’exercice plutôt que la hauteur de la chose.

La figure de base est quant à elle beaucoup plus facile à exécuter dans les airs que sur un trapèze fixe. Parvenir à mettre ses pieds est pleinement réalisable lorsqu’on suit les mouvements du trapèze et de l’instructeur. Mais cela ne veut pas dire pour autant que le corps ne travaille pas! Tous les muscles sont sollicités pour que le trapéziste conserve son équilibre; bras, épaules, dos, abdominaux, jambes et cuisses. Le lendemain, j’ai d’ailleurs particulièrement ressenti l’impact de l’exercice sur mes mollets et dans le dos. «La beauté du cirque, c’est que tu travailles toujours ton corps pour ton corps. En pratique, ton corps est supposé de te soulever. On va travailler le corps à répétition», m’expliquera Benoît Lefebvre.

Mais l’effet le plus marquant de l’exercice est définitivement la sensation d’euphorie et la bonne dose d’adrénaline qu’il procure. Après l’entraînement, j’en suis sortie avec un grand sourire, qui ne m’a pas quitté tout au long du chemin de retour jusqu’à la maison.

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