1 mai 2020
Un Belœillois développe un masque de protection personnalisé
Par: Sarah-Eve Charland

Le Belœillois Jonathan Borduas souhaite faire homologuer un masque personnalisé avec la certification N95. Photo gracieuseté

Jonathan Borduas, originaire de Belœil, a mis à contribution son expertise pour solutionner en partie la problématique de pénurie de masques N95. En utilisant la technologie de son entreprise montréalaise Shapeshift 3D, il développe un masque qui assurera la même protection que le masque breveté, mais qui pourra être réutilisé et stérilisable.

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Shapeshift 3D est une entreprise qui fournit un logiciel permettant de personnaliser des produits pour le corps humain comme des orthèses et des prothèses.

Depuis quelques semaines, la pénurie des masques N95 fait les manchettes. Cet équipement doit être jeté après un seul usage. Jonathan Borduas élabore un masque en deux parties, dont l’une pourra être réutilisée et l’autre jetée.

L’entreprise a lancé une campagne de financement sur la plateforme web « Kickstarter » pour payer la conception du produit. Les clients peuvent, à partir d’une application, numériser leur visage. Le masque sera conçu par impression 3D afin de s’ajuster au visage de l’acheteur et d’assurer une étanchéité. La partie jetable est fabriquée à partir du même matériel que les masques chirurgicaux, qui eux ne sont pas en pénurie, observe M. Borduas.

« On a vu la problématique des masques, puis on s’est dit qu’on avait la solution logiciel pour qu’on puisse partir rapidement d’un scan 3D d’une personne et en arriver en un modèle 3D adapté. Actuellement, ça nous prend trois minutes par personne, mais on aimerait réduire ce temps grâce à un processus 100 % automatisé », explique le fondateur de l’entreprise Shapeshift 3D.

Ce dernier espère distribuer le masque vers la fin juin. En plus d’être accessible pour la population, il espère aussi vendre son produit en milieu hospitalier. Pour y arriver, il compte homologuer le masque pour obtenir la certification N95. Ce type de masque est homologué par la National Institute for Occupational Safety and Health. Le N95 signifie que le masque est non résistant à l’huile et que la capacité de filtration est d’au moins 95 %. « Ce n’est pas parce qu’il y a une crise mondiale qu’on peut promettre des choses aux gens et de dire que c’est un N95. Même si on fait des choix d’ingénierie en fonction que ça devienne N95, ça prend une certification. On essaie de ne pas bruler d’étapes », affirme M. Borduas.

Selon lui, les gouvernements accélèrent le processus d’homologation pour atténuer la pénurie. M. Borduas souhaite aussi mettre la main sur l’homologation Afnor qui est supérieure à la capacité de protection des masques chirurgicaux.

« On ne pense pas être capable de combler [la pénurie de masques]. Mais si, avec notre masque, on divise par 300 le nombre de masques nécessaires, c’est comme ça qu’on va pouvoir aider. Par exemple, au lieu d’en utiliser 300 par année, un travailleur de la santé va en utiliser un. […] Notre stratégie est d’avoir une partie durable, stérilisable et réutilisable qui va garantir le sceau d’étanchéité et d’aller chercher du matériel qui compose un masque chirurgical qui, lui, va être jeté », mentionne-t-il.

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