19 février 2021
Un autre mandat
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Je ne saisis pas tout à fait les raisons qui poussent Yves Corriveau à se représenter pour un troisième mandat. Je ne parlerai pas ici de son bilan; la campagne électorale pour les élections de novembre n’est pas encore commencée, alors nous aurons le temps d’y revenir.

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En entrevue, Yves Corriveau parle de relève, tel un maître qui voudrait passer le flambeau à un apprenti. Comme si le travail n’était pas terminé et qu’il devait encore porter le fardeau de ce travail; cette idée de laisser la Ville dans un meilleur état avant de partir. Mais est-ce une motivation suffisante pour briguer la mairie?
J’aurais pensé que ce mandat mouvementé aurait été le dernier. D’abord, en raison du voyage au Burundi en juillet 2019. Rappelez-vous cet échange culturel qui a viré en crise diplomatique et médiatique parce que le maire a rencontré le président de ce pays d’Afrique. L’épisode a fragilisé l’homme. Dans ce journal, je décrivais un homme épuisé, déçu, mais surtout dépassé par les événements. À son retour au pays, il avait décidé de prendre un temps d’arrêt.
Ce voyage a été la première roche de l’avalanche. Tous les membres de son parti Avenir Hilairemontais, qui disaient ne plus partager les valeurs du maire, ont décidé de quitter l’organisation. Le maire se retrouvait donc seul devant tout un conseil municipal composé non seulement d’élus indépendants, mais aussi d’élus qui accusaient le maire d’avoir manqué de jugement et d’avoir fait cavalier seul, entre autres.
Sans parler de tous les opposants au maire qui ont non seulement condamné ce voyage, mais qui ont pris la balle au bond pour rappeler à la population que le maire avait pris de mauvaises décisions, selon eux, dans plusieurs autres dossiers. Et encore aujourd’hui, les critiques envers le politicien sont souvent très virulentes.
Cette série d’épisodes aurait dû mettre fin à la carrière de M. Corriveau après ce mandat. Et c’est sans parler de la zone A-16, de la rue Saint-Georges ou encore des plaintes à la Commission municipale du Québec. Même si les plaintes n’ont pas été rete- nues, ça entache quand même le climat à l’hôtel de ville.
Mais l’homme persiste. Si le Burundi et la désaffection de toute son équipe n’ont pas eu raison lui, il est difficile d’imaginer ce qui pourra le faire.
C’est d’ailleurs son pari : tous ces événements ne pèseront pas dans la balance lors du vote. Que malgré l’insistance des oppo- sants, ils ne sont pas assez nombreux pour tout faire dérailler. Il n’a pas tout à fait tort en ce sens. Je pense à tous les textes que nous avons rédigés sur la saga de la rue Saint-Georges. Même si c’est un dossier important, je crois que bien des citoyens de Mont- Saint-Hilaire ne se sentent pas concernés par la chose. C’est comme ça, la politique.
Mais malgré tout ce que je viens d’écrire, je vous ramène quand même au début de mon texte : je ne saisis pas tout à fait les raisons qui poussent Yves Corriveau à se représenter pour un troisième mandat.

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