29 mars 2018
Meurtre de Daphné Huard-Boudreault
Un an plus tard: l’enquête sur l’intervention policière se poursuit
Par: Denis Bélanger

Daphné Huard-Boudreault. Photo: Gracieuseté

Anthony Pratte-Lops lors de sa comparution le lendemain du drame. Photo : Archives

Un an après l’assassinat de Daphné Huard-Boudreault par son ex-copain, à Mont-Saint-Hilaire, le mystère entourant les circonstances de l’intervention policière demeure entier. Chargé de faire la lumière sur cette histoire, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) n’a pas encore terminé son rapport.

Difficile à savoir quand le rapport sera remis au Bureau du Coroner au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP); le BEI n’a pas voulu avancer d’échéancier. Un porte-parole avance que le bureau est à l’étape de rédaction du rapport et qu’il n’est pas anormal de voir une enquête durer un an.
Notons que le Bureau joue ici seulement un rôle d’observateur, explique le porte-parole Martin Bonin-Charron. «Le BEI fait juste constater et détecter ce qui s’est passé. Il ne les qualifie pas et ne fait pas vraiment de recommandations. C’est le DPCP qui décide si des accusations doivent être portées.»

Daphné Huard-Boudreault aurait été poignardée par Anthony Pratte-Lops dans leur appartement de la rue Forest vers midi le 22 mars. Le BEI avait été chargé d’enquêter dès le lendemain en envoyant cinq agents sur le terrain, et la Sûreté du Québec a hérité de l’enquête policière.

À la suite du décès, plusieurs informations avaient circulé concernant le travail de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL). Le matin même du drame, les policiers avaient rencontré Pratte-Lops au dépanneur où travaillait la jeune fille, sans toutefois l’arrêter. Certains témoignages de ses amis laissaient entendre que les policiers auraient déconseillé à la jeune fille de porter plainte à la police, car Anthony Pratte-Lops avait peur d’avoir des ennuis du propriétaire de son logement. Après cet épisode, Huard-Boudreault s’est rendue au poste de police. Par la suite, elle s’est dirigée à son appartement pour aller chercher ses affaires. Plusieurs informations ont aussi circulé sur les circonstances entourant son arrivée fatidique à l’appartement et le fait qu’elle n’était pas accompagnée.

Accusé de meurtre prémédité, Anthony Pratte-Lops devrait avoir son procès en avril 2019. D’ici là, le dossier reviendra néanmoins le 18 avril au palais de justice de Saint-Hyacinthe pour la suite des procédures.

Silence à la Régie
La RIPRSL a été critiquée de tous les côtés au lendemain du meurtre de la jeune femme de 18 ans. Par respect pour la victime et dans l’attente des conclusions du BEI, le corps de police ne commentera pas l’affaire. Le directeur de la Régie, Bruno Pasquini, a aussi décliné notre demande d’entrevue pour savoir comment l’organisation s’y est prise pour traverser cette période et maintenir la confiance du public.

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