14 novembre 2018
Contrat de travail à la Régie des incendies
Trop de chefs, dit le syndicat
Par: Denis Bélanger

Il y a du sable dans l’engrenage dans les négociations entre la direction de la nouvelle Régie intermunicipale des services incendie et les pompiers syndiqués. Les deux parties risquent de s’en remettre à un juge du tribunal administratif du Québec (TAQ) pour statuer sur le contrat de travail de la régie qui doit être opérationnelle dès le 14 janvier prochain.

Rappelons que la Régie entraînera la fusion des cinq services incendie et des conventions collectives de Belœil, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Basile-le-Grand et McMasterville (qui desservait Saint-Mathieu-de-Belœil). Les deux parties devaient s’entendre sur une entente transitoire, mais finalement, c’est le juge qui déterminera laquelle des conventions collectives servira de base pour commencer la nouvelle entité. Une date d’audience a été fixée pour le 10 janvier, mais le directeur de la Régie de sécurité incendie de la Vallée-du-Richelieu, Gilles La Madeleine, a demandé à ce que le processus soit devancé d’ici la fin de l’année.

Des visions opposées
Les deux parties ont une interprétation tout à fait différente des points de mésentente. La partie syndicale désapprouve le modèle de gestion préconisé par la direction qui souhaite dorénavant affecter sur chaque camion un cadre pour agir en tant que chef de division à la place d’officiers syndiqués. «Pourquoi augmenter la structure des cadres? C’est un désaveu complet à l’endroit des pompiers syndiqués», lance Jean-Philippe Chaput, représentant syndical des pompiers de Belœil et porte-parole des travailleurs salariés.

De son côté, Gilles La Madeleine juge qu’il est tout à fait normal qu’un cadre soit nommé chef pour assurer une représentativité de l’employeur. Il estime d’ailleurs que la partie syndicale n’a pas de pouvoir de décision sur le cadre de gestion. «Le syndicat fait fausse route s’il pense qu’un juge va trancher là-dessus, poursuit-il. C’est un mode de gestion qui devient de plus en plus répandu au Québec et qui sort des sentiers battus traditionnels des modèles militaires que l’on retrouve dans de vieux services établis dans les années 1800.»

Selon le directeur, le point de litige se situe plutôt sur le plan salarial. «On peut négocier de nouveaux salaires, mais il faut que ce soit raisonnable et dans le cadre de la convention.»De son côté, la partie syndicale n’a jamais mentionné les questions salariales comme point de mécontentement. «On n’embarquait pas dans la nouvelle régie avec des demandes salariales incroyables», précise M. Chaput.

Un climat d’imposition
Les pompiers déplorent de plus le climat entourant la négociation. «On voudrait prendre le temps de bien faire les choses au lieu de précipiter le tout. On a l’impression d’être dans un climat d’imposition plutôt que de négociation, ajoute Jean-Philippe Chaput. Nous sommes vraiment déçus de l’employeur depuis le début. Pourtant, on se fait dire que la ressource première va être les ressources humaines. C’est nous autres les pompiers qui tiennent ça à bout de bras depuis des années.»

Gilles La Madeleine reconnaît que tout doit être fait pour commencer la régie, mais estime qu’il y a eu de la négociation. «Nous avons eu huit rencontres environ. Ce n’est pas nous qui avons quitté la table des négociations dernièrement. Je ne veux pas toutefois négocier sur la place publique. Les discussions ne sont pas fermées. On pourrait ne pas se rendre au TAQ.»

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