20 janvier 2021
Tout ça pour ça
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Voilà, c’est la mort de la deuxième consultation pour le projet du Golf. L’annonce de la Ville de Belœil cette semaine a surpris un peu tout le monde, je suppose.

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Tout ça pour ça, j’ai envie de dire. Les déchirements entre « pro- golf » et « pro-parc » pour finalement en arriver à… pas grand- chose, sauf ce que prévoit la loi : le Golf propose une modification de zonage pour son projet d’habitations, la Ville en prend connais- sance, se tourne vers le gouvernement provincial pour obtenir une couple de consignes et de dates, puis les voisins du terrain décide- ront si ça passe ou pas.

Fin de l’histoire.

En fait, c’est vite dit. Le processus de consultation se fera en paral- lèle, nous informe la ville. Mais tout ça reste rhétorique. Ça nous servira seulement d’outils de discussion si les voisins n’acceptent pas le projet du Golf. Si les riverains se laissent convaincre que la venue d’un projet domiciliaire sur le champ de pratique du golf est une idée viable, on ferme les livres et la pépine pourra débarquer faire son travail.

Ça laisse toutefois plusieurs questions en suspens. D’abord, bien malin celui qui pourrait prévoir l’issue du dossier. Car le quartier semble très divisé sur la question du golf. Si on décortique le sondage réalisé par la firme L’Observateur et que l’on se concentre sur les réponses des résidents du secteur, nous sommes très loin d’un consensus : 47,5 % des citoyens du district du golf sont plutôt favo- rables au changement de zonage, 41 % s’y opposent et 11,5 % n’ont pas d’opinion sur le sujet.

Il faudra voir le détail avant d’en être sûr, mais si environ 4 personnes sur 10 sont contre, on peut s’attendre à ce que suffisam- ment de riverains acceptent de signer un registre pour soumettre la question à un référendum. Le processus de modification de zonage peut donc aller dans les deux sens.

Si la modification est acceptée par les voisins, la mairesse de Belœil, Diane Lavoie, affirme que la Ville exigera des garanties de la part du Club de golf Belœil pour l’empêcher de recommencer le même processus avec d’autres parties de son terrain dans les années à venir; d’empêcher le Club de morceler son terrain pour le vendre à la pièce. Quelles garanties? Faudra voir.

Mais si c’est bloqué, la mairesse souligne qu’aucune option sur la table et proposée dans les mémoires ne sera écartée. Donc, retour à la case départ? Un peu, mais avec les coudées plus franches pour négocier avec le Golf, pense la mairesse.

Le projet des Habitations Mont-Royal sera donc présenté au comité consultatif d’urbanisme le 5 mars prochain. D’ici là, on prend une pause de golf.

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