22 février 2019
Hockey
Tomi Gagnon prend un chemin différent
Par: Denis Bélanger

Tomi Gagnon dans l’uniforme des Lumberjacks de Hearst. Photo gracieuseté

Quitter le nid familial : le gardien de but de Belœil Tomi Gagnon connaît la chanson. Depuis qu’il a 14 ans qu’il joue loin de ses proches dans le but de s’améliorer constamment et d’arriver à la fin de son parcours avec un diplôme en poche. Il ne vise pas la prestigieuse Ligue nationale de hockey, mais les rangs collégiaux et universitaires américains.

« La première année à l’extérieur a été la plus dure. Tu es jeune, il faut que tu demandes ce dont tu as besoin. Après cela, tu prends confiance et tu sais quoi faire. C’est pire si tu ne parles pas; tu n’auras jamais ce que tu veux. »

Il a commencé ce périple en mettant le cap vers Lévis pour défendre la cage des Commandeurs de Lévis dans la Ligue de hockey préparatoire scolaire. L’année suivante, il est allé dans une école privée de Terrebonne, expérience qui lui a permis d’affronter des équipes midget de l’Ontario et des États-Unis. L’an dernier, il a commencé à jouer dans les rangs juniors en Floride. Il se retrouve maintenant dans la Ligue de hockey junior A du nord de l’Ontario avec les Lumberjacks de Hearst.

« Tout le monde prend le chemin de la Ligue midget AAA, pour aller ensuite au junior majeur et peut-être la Ligue nationale après. Mais quand le junior majeur lève le nez sur toi, tu es fait. J’ai voulu continuer à aller plus haut et je suis allé à d’autres endroits afin de pouvoir devenir meilleur. La porte du NCAA est d’ailleurs toujours ouverte pour moi », renchérit celui qui envisage un jour de devenir actuaire.

Gagnon jouait au soccer plus jeune, mais tous ses copains étaient inscrits au hockey. Il voulait essayer autre chose. Puis en voyant les prouesses des gardiens de but à la télévision, il a voulu les imiter et il a décidé d’enfiler les grosses jambières. Le jeune homme de 18 ans se considère comme un gardien athlétique, un peu technique, mais qui n’a pas peur de défier les lancers. « Je ne suis pas très style papillon », ajoute-t-il.

Dans la contrée de Claude Giroux
Hearst est une petite communauté de 5000 habitants située dans le nord de l’Ontario, à des lieues des grands centres urbains. Tomi Gagnon n’aurait pas pu encercler ce village sur une carte avant d’arriver avec les Lumberjacks. Mais il a été vite charmé. « La majorité des gens parlent français. Je me sens comme au Québec. Les “Jacks” jouissent d’un bon soutien de la population. Nous avons toujours des bonnes foules. Hearst a été jusqu’à maintenant la meilleure organisation pour laquelle j’ai joué. »

Hearst est aussi le patelin d’origine de l’attaquant des Flyers de Philadelphie de la Ligue nationale de hockey (LNH), Claude Giroux. Ce dernier a d’ailleurs donné un coup de main pour démarrer les Lumberjacks qui en sont seulement à leur deuxième saison d’existence. L’organisation s’est montrée reconnaissante en dessinant le logo en hommage à Giroux.

Un numéro qui lui est cher
Tomi Gagnon ne parle pas à ses poteaux pour lui assurer la chance. Il a toutefois un porte-bonheur précieux, le numéro 30 qu’il porte dans le dos depuis qu’il a 12 ans. « Je ne pourrais pas vous dire exactement la signification, mais j’ai tout gagné depuis que je suis gardien avec le 30. Quand l’équipe de Hearst m’a dit qu’il n’y avait pas de 30, je leur ai dit que je ne viendrais pas jouer pour eux s’il ne me donnait pas ce chiffre. Je l’ai eu. »

Hasard ou pure coïncidence, le 29 a été porté par le grand Ken Dryden du Tricolore ainsi que par l’actuel gardien de Las Vegas, Marc-André Fleury, et le 31 est revêtu par le cerbère du Canadien, Carey Price. « Je me suis dit que je serais dans le milieu entre ces deux bons gardiens. » Pas très loin se trouve le 33, le numéro de chandail de Patrick Roy, qui lui avait la manie de parler à ses poteaux. n

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