13 mars 2018
Sûreté du Québec: hausse importante pour les villages
Par: Karine Guillet

photo: Archives

La bonification du salaire des policiers de la Sûreté du Québec de 17,5 % sur six ans a fait bondir la facture des petites municipalités pour ce service. Si le gouvernement provincial a annoncé en décembre qu’il épongerait une partie de l’augmentation cette année, les municipalités demeurent inquiètes de devoir assumer seules cette augmentation l’an prochain.

Dans la région, Saint-Marc, Saint-Denis, Saint-Antoine, Saint-Charles-sur-Richelieu, Sainte-Madeleine et Sainte-Marie-Madeleine font appel à la Sûreté du Québec pour assurer l’ordre public.

La hausse sera particulièrement grande pour Saint-Marc-sur-Richelieu, qui devra payer 18 885 $ de plus cette année, selon les estimations de la Sûreté du Québec, et ce malgré une aide gouvernementale de 21 310 $. À Saint-Denis-sur-Richelieu, la municipalité devra payer 5 % de plus pour ce service, soit 14 664 $.

La facture pourrait toutefois encore bouger, alors que la Sûreté du Québec ajustera la facture en mars avec la mise à jour de la donnée sur la population. La variation du tarif s’explique notamment par la variation de la richesse foncière uniformisée ainsi que l’augmentation du coût d’un policier de 6,25 % à 179 634 $.

Inquiétudes

Le gouvernement avait annoncé en décembre avoir entendu les préoccupations de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et avait accordé une subvention de 23 M$ aux municipalités du Québec pour éponger la hausse. Une aide provisoire, a confirmé la porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Louise Quintin, au journal Les 2 Rives.

Le maire de Saint-Marc-sur-Richelieu, Michel Robert, admet que cette hausse, même si elle n’est pas encore confirmée, inquiète la municipalité. Selon lui, les municipalités n’ont pas le choix de hausser le compte de taxes ou de couper dans certaines dépenses pour faire face à cette hausse. « Que l’aide gouvernementale ne soit pas récurrente, c’est évident que nous aimerions mieux avoir une entente pour qu’elle le soit. La FQM travaille de son côté pour qu’il y ait le moins d’impact pour les petites municipalités, mais c’est sûr que ça nous inquiète.»

À Sainte-Madeleine, le conseil municipal a résolu de demander au gouvernement de revoir à la baisse la charge fiscale imposée aux municipalités pour le financement de ce service de police, rappelant que rien n’indique que la subvention accordée par le gouvernement sera récurrente.

Plusieurs MRC, dont celle de la Vallée-du-Richelieu, ont d’ailleurs dénoncé la facturation tardive de la Sûreté du Québec, qui s’est faite après l’adoption des budgets. La MRC soutient d’ailleurs que les municipalités doivent soutenir une hausse de près du double que ce qui avait été annoncé en décembre et que l’aide temporaire annoncée par Québec laissait présager «que les municipalités assumeront éventuellement 100 % de cette augmentation», selon la MRC. La MRC souligne également que les municipalités ne possèdent aucun levier pour contrôler les coûts du service de police.

Un comité

De son côté, le député caquiste de Borduas, Simon Jolin-Barrette, qui a rencontré les nouveaux élus des municipalités, a contacté le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux. «Nous sommes au début du processus, mais à terme, j’espère que nous trouverons une meilleure solution pour les municipalités. Parce qu’en fin de compte, ce que le ministre propose actuellement, c’est tout simplement de taxer davantage les citoyens.»

Un comité formé de membres du ministère, de l’Union des municipalités du Québec, de la SQ et de la FQM réfléchira «à une solution de facturation pour les prochaines années qui assurera une meilleure prévisibilité aux municipalités et respectera leur capacité de payer. Une première rencontre a eu lieu dernièrement», a expliqué la porte-parole du ministère.

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