16 juin 2015
Sous le casque de Valerie Chiasson
Par: Denis Bélanger
Valérie Chiasson mal récompensée de ses efforts au Circuit Mont-Tremblant

Valérie Chiasson mal récompensée de ses efforts au Circuit Mont-Tremblant

Difficile d’imaginer la pilote automobile de Mont-Saint-Hilaire, Valérie Chiasson, être au ralenti. En plus d’attaquer les pistes de course, elle dirige sa propre entreprise. Son passe-temps le plus lent est probablement le jogging.

La pilote de Coupe Nissan Micra fait aussi du vélo. Elle aimerait bien faire du bateau, si elle avait un peu de temps. Mais pas question pour l’instant de se lancer dans des cours d’aviation. «Je n’ai pas encore été attirée par cela.»  Valérie a également une passion pour les chevaux. C’est entre autres pour faciliter la pratique de cette passion qu’elle habite à Mont-Saint-Hilaire depuis un peu plus de 7 ans.

Non, elle ne monte pas sur des vrais «chevaux moteurs» pour faire une petite balade tranquille. «J’ai fait des compétitions de dressage. C’est très difficile physiquement. Ça paraît facile, mais c’est loin de l’être. Après 40 minutes, tu as l’impression d’avoir joggé pendant tout ce temps. Je continue à m’entraîner et je vais peut-être faire une compétition par année pour m’amuser.»

D’ailleurs, cette mordue de la course automobile a pris l’avion à Montréal peu de temps après avoir accordé son entrevue à L’Œil Régional. Elle s’est envolée vers l’Europe pour assister entre autres aux 24 Heures du Mans. «J’y vais aussi pour le travail. J’ai ma compagnie VCE Auto Marketing qui est spécialisée en multimédia automobile, notamment tout ce qui est relié au téléphone.»

Malgré ce rythme intense, la jeune femme de 26 ans assure qu’elle est prudente sur les autoroutes et les petites rues. «Sur l’autoroute, je mets le cruise control par prudence. À force de faire des courses, les pilotes n’ont plus la sensation de vitesse. Pour nous, aller à 100 km/h a le même effet que si nous allions à 200 km/h. Je suis aussi tranquille sur les petites rues. Je me défoule amplement sur les pistes. C’est d’ailleurs deux fois plus dangereux d’aller vite sur l’autoroute que sur une piste.»

Convaincre son père

Elle est tombée en amour avec les courses motorisées en voyant Andrew Ranger (pilote en série Canadian Tire de NASCAR) conduire une moto sur glace à la marina de Repentigny. Valérie souhaitait faire la même chose, mais son père s’est opposé et lui a dit de trouver «quelque chose» à quatre roues. «J’avais 12 ans et j’étais une maniaque de course. Ça m’a pris un an pour convaincre mon père d’acheter mon kart.»

Bien qu’elle n’ait commencé à suivre la Formule 1 qu’au début des années 2000, elle en a appris beaucoup sur Gilles Villeneuve grâce à son paternel justement. «Mon père m’a raconté son histoire, puis m’a amenée au musée. Si tu t’intéresses à quelque chose, mon père est le genre de personnes à t’enseigner les choses qu’il connaît.»

Faire sa place

La jeune pilote a su s’imposer dans ce «monde d’hommes». «J’ai dû faire ma place en kart, car c’était très compétitif. J’ai dû faire aussi ma place en ovale où c’était macho. Mais je suis acceptée sur tous les circuits aujourd’hui, j’ai maintenant une réputation.»

Rappelons que Valérie Chiasson a écrit une page d’histoire au dernier Grand Prix du Canada. Elle est devenue la première femme à grimper sur le podium sur le circuit Gilles-Villeneuve. Elle a réalisé l’exploit avec sa voiture aux couleurs du Groupe Nissan Gabriel. C’était sa deuxième sortie sur la piste portant le nom de l’une de ses idoles. L’an dernier, elle avait ressenti une sensation hors de l’ordinaire en concourant sur la piste de l’île Notre-Dame. Mais son podium historique vient de prendre le titre de plus bel accomplissement en carrière.

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