11 septembre 2019
Action judiciaire de 300 000 $ en lien avec le projet Saint-Georges
Six citoyens poursuivis pour diffamation
Par: Denis Bélanger

Hugo Gendron Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Le promoteur du projet de développement de la rue Saint-Georges à Mont-Saint-Hilaire, Odacité, et le principal locataire du futur bâtiment, Les Marchés Pepin, ont finalement décidé de poursuivre six citoyens pour diffamation et leur réclamer plus de 300 000 $.

Hugo Gendron, Marie-Hélène Labrecque, Valérie Landuyt, François Perrier, Josiane Bellemare et Alain Giguère, qui, contrairement aux autres, demeure à Otterburn Park, sont visés par la procédure judiciaire. M. Gendron est poursuivi notamment du fait qu’il a occupé, jusqu’au 5 août, les fonctions de porte-parole du regroupement informel La Voix des citoyens, opposé au projet.

Les poursuivants reprochent aux cinq autres personnes d’avoir publié des propos mensongers sur la page Facebook de La Voix des citoyens. Ni le Marché Metro de Saint-Hilaire ni ses propriétaires sont inclus dans la poursuite. Metro a financé plusieurs démarches du groupe, mais affirme avoir respecté son indépendance.

La requête demande au tribunal de condamner les six personnes à payer solidairement 150 000 $ à Odacité et un montant identique aux Marchés Pepin, en plus des différents montants d’intérêts et de frais judiciaires. Les poursuivants demandent aussi à la cour d’émettre une injonction pour que cessent sur les médias sociaux les propos mensongers et diffamatoires le temps que la demande en dommages et intérêts soit tranchée. « Les relations clients avec les citoyens en général sont très importantes dans le domaine et le maintien immédiat du droit à la sauvegarde de leur réputation est primordial pour la pérennité des demanderesses », peut-on notamment lire dans la poursuite.
Cinq des six citoyens poursuivis ont fait parvenir par l’intermédiaire de leurs avocats leur intention de contester la requête d’Odacité des Marchés Pepin. Aucune date d’audience en cour n’a été devancée. Selon nos informations, deux noms pourraient être retirés de la poursuite à la suite d’ententes entre les parties impliquées.

Ils persistent et signent
Le président d’Odacité, Steve Richard, avait avisé le journal par voie de communiqué le 12 août qu’une mise en demeure avait été envoyée à huit personnes qu’il liait directement à La Voix des citoyens. Un délai de 48 h leur avait été accordé pour qu’ils se rétractent sur leur propos. Quelques jours plus tard, le promoteur avait même indiqué à L’Œil Régional qu’il n’y donnerait pas suite.
Des courriels envoyés individuellement par Hugo Gendron et Valérie Landuyt le 20 août à l’avocat d’Odacité ont été la goutte qui a fait déborder le vase. Dans ces messages, les deux citoyens avaient indiqué leur intention de rendre publiques la mise en demeure et leur réponse « et par conséquent de faire la promotion de ses commentaires et/ou publications préjudiciables à l’encontre de la demanderesse ».

« Le défendeur Hugo Gendron et La Voix des citoyens de MSH démontrent qu’ils entendent continuer à permettre la diffamation contre les demanderesses par leurs commentaires », peut-on également lire dans la poursuite.

M. Richard a indiqué à L’Œil Régional qu’il espère pouvoir s’entendre avec tout le monde pour éviter d’aller en procès, chose qu’il ne souhaite vraiment pas. Aucune autre des parties impliquées dans la poursuite n’a voulu faire de commentaire.

Une tentative d’intimidation
Dans le message électronique qu’il a envoyé à l’avocat des poursuivants, Hugo Gendron qualifie les démarches du promoteur du projet de tentative d’intimidation. « Il est odieux que vos clients tentent de faire taire les opposants au projet sous prétexte que cette opposition serait mal fondée et porterait atteinte, disent-elles, à leur réputation alors que la Cour supérieure a dû intervenir et ordonner la suspension du projet », peut-on lire dans la lettre qui a été publiée sur la page La Voix des citoyens. « Vos clients semblent oublier qu’en s’attaquant à moi, ils s’attaquent à tous les citoyens qui forment l’opposition et qui ont légitimement exprimé leur opinion, communiqué des faits ou posé des questions, ceux-là mêmes à qui vos clients voudront ensuite vendre des aliments, des appartements, et les convaincre de leurs bonnes intentions. »

Dans sa missive, Hugo Gendron avance de plus que les messages critiqués par les deux entreprises ne sont pas diffamatoires. Il a même demandé à Odacité et aux Marchés Pepin de se désister de leur mise en demeure, sinon il entreprendrait lui-même des procédures légales.

 

image