12 juillet 2018
Semaine exotique : Nissan GT-R et McLaren 720 S
Par: Marc Bouchard

Je sais que certains lecteurs n’apprécient pas toujours lorsque je me permets des essais de voitures hors de prix. Alors que certains m’envient, d’autres croient que ce n’est pas l’endroit. À ces derniers, je souhaite une bonne semaine et les invite à revenir la semaine prochaine, car les deux voitures testées au cours des derniers jours ont littéralement fait sauter la banque!

En fait, la dernière semaine a été placée sous le sceau de la performance. Et je l’admets, j’ai adoré cela, même si je n’ai pas pu ou voulu pousser les bolides que je conduisais au maximum de leurs capacités. Car tenter d’atteindre les limites d’une Nissan GT-R ou d’une McLaren 720 S risque de me coûter plus cher que je ne l’aurais voulu.

Je ne parle pas ici de contravention. Ce n’est pas le genre de voiture que tu exploites au maximum sur les routes, par simple souci de sécurité. Non, je parle bien de véhicules dont les capacités mécaniques et aérodynamiques vont bien au-delà des capacités de pilote que moi, ou la plupart des mes connaissances, sommes capables de démontrer!

Nissan GT-R 2018

La GT-R, c’est Godzilla, le monstre de la légende japonaise, celui qui détruit les villes. La voiture a en effet une monstrueuse personnalité affichant sa silhouette radicale et son violent ronron avec une assurance et une aisance remarquables. Il faut cependant avouer que le modèle vieillit.

En fait, il y a quelques années, au moment où la GT-R faisait une entrée fracassante sur le marché des voitures sportives, j’avais eu l’opportunité de la conduire durant quelques jours, et les badauds se pressaient autour pour la prendre en photo et l’admirer. Il faut dire que son succès de l’époque dans le jeu Gran Turismo l’avait érigée en icône.

Cette fois, la voiture n’a pas changé d’un iota depuis la dernière année, et pas beaucoup depuis son lancement populaire. On dirait qu’elle vieillit avec moins d’intérêt pour les passants, attirant moins les regards. Une fois la machine en marche par contre, elle ne laisse personne indifférent.

Imaginez, elle réalise le 0-100 km/h en moins de 3,5 secondes, fait entendre son mugissement avec une rage non dissimulée et accélère comme une fusée. Il faut bien avouer que la conduite est un peu lourde, mais en mode dynamique, elle se démène sur la route comme une véritable diablesse même si son poids imposant nous oblige à quelques efforts en virage. C’est simplement qu’il faut prendre le temps d’apprivoiser la bête et les 565 chevaux de son moteur V6 3,8 l biturbo.

L’habitacle est bien pensé et bien conçu, malgré la complexité relative de l’affichage multifonction qui demande quelques longues minutes d’adaptation pour tout prendre en main. Et même si les places arrière sont, au maximum, symboliques. Malgré tout, la Nissan GT-R demeure un monstre dans sa catégorie, mais un monstre que l’on peut, avec un peu d’effort, maîtriser.

McLaren 720 S

Ne cherchez pas ici la bête indomptable. Au contraire, la McLaren est tout en douceur et en beauté. Sa silhouette, digne d’un avion furtif ayant gagné un concours de design, est exceptionnelle à tout point de vue. La seule vue de la voiture, portières ouvertes relevées vers le haut, suffit à nous faire tomber en amour.

Prendre place à bord, c’est s’asseoir dans un habitacle au confort supérieur. C’est aussi devoir se familiariser avec un tableau de bord numérique (dont la partie avec les cadrans s’abaisse pour une meilleure visibilité en conduite sportive) qui demande un peu de concentration au début. Mais soyons sérieux, qui regarde le tableau de bord quand on peut simplement regarder devant et savourer le bonheur de ce moteur central 4,0 litres turbocompressé, dont la puissance excède tout ce dont vous rêvez : 710 chevaux que l’on maîtrise d’une seule main.

On parle ici d’un avion avec des roues tellement l’accélération est foudroyante : 0-100 km/h en moins de 3 secondes! La boîte automatique 7 rapports séquentielle est d’une rapidité et d’une précision que l’on ne peut qu’envier.

Quant au style, il est tout simplement spectaculaire. Imaginez, les passants sonnaient à ma porte pour pouvoir la prendre en photo! La conduite se fait avec une aisance remarquable, et dans tous les modes (la voiture compte sur le mode confort, sport et course), mais dans tous les cas, il faut bien avouer que la moindre sensation de la route est transmise aux occupants. Un détail que l’on oublie rapidement quand on constate que la voiture colle à la route comme si elle était sur des rails.

Ce n’était pas mon premier essai de McLaren (ni mon dernier, je l’espère), mais c’est sans aucun doute le plus concluant d’entre tous : la 720 S est l’exacte raffinement que l’on s’attend de la plus britannique des voitures de course, bonne aussi pour la route!

Et le prix?

Je vous ai parlé du prix un peu excessif de ma chronique cette semaine. Sachez seulement que la Nissan GT-R conduite affichait une facture de 140 000 $. La McLaren, pour sa part, valait quelque 371 000 $. Quant à la consommation, on en parlera dans un autre chapitre!

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