9 septembre 2015
SAVR: Environ 300 euthanasies en moins d’un an
Par: L'Oeil Régional
La réduction du nombre d'abandons et d'euthanasies passe par la sensibilisation et l'éducation auprès de la population.

La réduction du nombre d'abandons et d'euthanasies passe par la sensibilisation et l'éducation auprès de la population.

ANIMAL. Les Services animaliers de la Vallée-du-Richelieu (SAVR) ont euthanasié 305 animaux entre janvier et juillet 2015, soit plus de la moitié des animaux reçus. Un chiffre qui semble rendre mal à l’aise la direction de l’organisme animalier.

En entrevue à L’Œil Régional, la directrice générale des  SAVR, Madeleine Daoust, s’est abstenue de divulguer le nombre d’euthanasies.

«Si tu fais la différence entre les animaux qui sont entrés et qui sont sortis, tu vas l’avoir (le chiffre). Nous autres, on ne veut pas le voir. On le compte (le nombre d’euthanasies), mais on ne veut pas le voir. Ce n’est pas quelque chose qui nous intéresse. C’est une réalité qui vient trop nous chercher», commente-t-elle.

Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2015, 562 animaux (chats, chiens et animaux exotiques et sauvages) ont été accueillis et recueillis par les SAVR, selon les chiffres fournis par l’organisme. De ce nombre, 257 animaux ont été entre autres adoptés, réclamés et transférés.

Le reste des bêtes, soit 305, ont été euthanasiées dans la majorité des cas pour des problèmes de santé ou des blessures, et pour des problèmes de comportements. Entre mai et juillet, un grand nombre de bêtes ont aussi été tuées en raison d’une surpopulation aux SAVR.

Le maximum de chances

Le président du conseil d’administration de l’organisme, Michel Gilbert, insiste sur l’existence d’un protocole, approuvé notamment par l’Ordre des vétérinaires du Québec, pour recourir à l’euthanasie. «C’est vraiment un encadrement de valeurs qui fait en sorte qu’on va de l’avant avec l’euthanasie.»

Mme Daoust affirme qu’un maximum de chances est donné aux animaux avant de les tuer. Elle donne l’exemple d’un chien souffrant et mordeur qui a été soigné, rencontré par des experts en comportement animal, offert en adoption avec certains critères et même proposé à d’autres organismes. Mais sans succès.

Sensibiliser la population  

Les spécialistes en médecine vétérinaire, contactés par le journal, sont unanimes: la réduction du nombre d’abandons et d’euthanasies passe par la sensibilisation et l’éducation de la population sur les responsabilités d’avoir un chien ou un chat.

Pour le président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Dr Joël Bergeron, il ne faut pas blâmer les services animaliers. «Si les animaux n’étaient pas abandonnés, ils n’auraient pas besoin de les euthanasier.»

Selon Dr Bergeron, il faut responsabiliser les gens sur ce que c’est d’avoir un animal de compagnie.

«Les gens adoptent un peu sur un coup de tête. Ils ne se posent pas nécessairement les bonnes questions», indique la Dre Geneviève Lessard, de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe.

L’identification de l’animal par une médaille, l’adoption et la stérilisation contribuent aussi à diminuer les cas d’euthanasie, ajoute Dr Bergeron.

Les animaux mis en adoption sont stérilisés aux SAVR. L’organisme de contrôle animal situé à Saint-Mathieu-de-Belœil souhaite sensibiliser les citoyens sur différentes problématiques, dont la question des chats errants et l’abandon des animaux.

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